MAROC
22/11/2018 12h:52 CET | Actualisé 22/11/2018 12h:54 CET

Une pétition s'oppose à la hausse des frais d'inscription des étudiants extra-européens en France

Elle a déjà récolté plus de 36.000 signatures.

DESPITE STRAIGHT LINES (Paul Williams) via Getty Images

FRANCE - La hausse des frais d’inscription en France pour les étudiants extra-européens continue de faire polémique au Maroc et à l’étranger. 

Alors que les étudiants étrangers s’inquiètent face à cette hausse, une pétition s’opposant à cette mesure a été lancée sur le site Change. Déjà signée par plus de 36.000 personnes, cette pétition s’adresse au Premier ministre français Edouard Philippe, au président Emmanuel Macron et à la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal.

 

Dans cette pétition, son lanceur accuse ses destinataires “d’empêcher des centaines d’étudiant.e.s comme moi de venir étudier en France!”. Et de leur rappeler: “quand on est étudiant.e.s étranger.s en France, on doit déjà faire face aux mêmes galères que les étudiant.e.s français.e.s. Mais, en plus de cela, on subit une précarité encore plus forte”.

Pour lui, la réforme que cherche à mettre en place la France est une annonce de “fermeture des portes des universités face à ceux qui n’en ont pas les moyens”. “Le gouvernement affirme que cette réforme doit permettre d’attirer les “meilleurs” en France. Ce serait, soit disant, une réforme ‘d’équité’ parce que les étudiant.e.s étranger.e.s ‘fortuné.e.s’ paieraient notamment pour financer les bourses des étudiant.e.s étranger.e.s les plus précaires”, dit-il. Et d’estimer qu’“en réalité, cette réforme va avoir une seule conséquence: fermer les portes de l’université à tou.te.s les étudiant.e.s qui comme moi n’ont pas les moyens de payer aussi cher!”.

L’annonce de cette hausse des frais est également pointée du doigt par le syndicat étudiant UNEF (Union nationale des étudiants de France) qui dénonce “une mesure inacceptable”. Celle-ci risque de “renforcer la triple précarité que subissent déjà les étudiant.e.s étranger.e.s dans notre pays et leur fermerait un peu plus les portes de l’Enseignement Supérieur français.”

“Mieux répondre à la demande sur les formations universitaires en France”

Le 19 novembre dernier, le Premier ministre français, Edouard Philippe annonçait que les étudiants devront, dès la rentrée 2019, débourser 2.770 euros en licence et 3.770 euros en master et doctorat. Pour justifier cette annonce, il a affirmé vouloir “opérer une forme de révolution pour que notre attractivité ne soit plus tant fondée sur la quasi-gratuité que sur un vrai choix, un vrai désir, celui de l’excellence”.

Lors de son discours, il a notamment pointé le fait que la France est l’un des pays au monde où les frais d’inscription sont les plus faibles. “Ce choix a comme conséquence la faiblesse des moyens disponibles pour accueillir et accompagner les étudiants internationaux”, a-t-il affirmé.

Pour la directrice générale de l’Institut français du Maroc, Clélia Chevrier Kolačko, l’augmentation des frais de scolarité pour les étudiants étrangers en France “permettra d’améliorer les conditions de leur accueil”. Dans une déclaration à la presse, mercredi 21 novembre à l’ambassade de France à Rabat, elle a aussi souligné que cette décision devait “mieux répondre à la demande sur les formations universitaires en France”, mais aussi “financer davantage de bourses dont les bénéficiaires devront passer de 7.000 à 15.000”, et “appuyer la mobilité des universités françaises à l’étranger”.