MAROC
15/10/2019 18h:38 CET

Une nouvelle application pour réserver des taxis la nuit à Casablanca

Baptisée "Yassir", elle a été officiellement lancée ce mardi 15 octobre.

FADEL SENNA via Getty Images

SERVICE - Au moins ils n’auront pas à gérer la fameuse guerre entre les taxis et VTC (voiture de transport avec chauffeur). Ce mardi 15 octobre à Casablanca, a été lancée officiellement au Maroc “Yassir”, une application americano-maghrébine de réservation de taxis.

“Nous avons des bureaux dans les trois pays du Maghreb. Cela a commencé en Algérie, principalement parce que le marché algérien était assez vierge”, explique au HuffPost Maroc Nourredine Tayebi, un des créateurs de “Yassir”. Et d’ajouter que “cela nous a permis d’expérimenter, raffiner notre business model et opérations (...) On s’est, ensuite, étendu sur le marché tunisien et marocain”.

L’aventure continue, alors. “Il ne faut pas oublier qu’entre les trois pays, c’est un marché de 100 millions d’habitants ce qui est très important”, rappelle-t-il, soulignant que “chaque pays a sa spécificité” à laquelle il faut s’adapte: culture, loi et réglementations... 

Un taxi la nuit

Créée en 2007, cette plateforme permet à ses utilisateurs de commander des taxis sur son application, à l’instar de plateformes de VTC comme Uber ou Careem. Cependant, et comme insiste à plusieurs reprises l’entreprise, cette dernière travaille “en totale légalité” et exclusivement avec les taxis de la capitale économique.

Une application, dont l’utilisation est la même que pour les plateformes de VTC. Sur l’application, le client devra écrire l’adresse de sa destination. “Yassir” le mettra alors en lien avec un chauffeur de taxi disponible qui se rendra directement à lui et le déposera à l’adresse demandée. Le client sera invité, ensuite, à donner une note à son chauffeur, et vice-versa. 

Ce service n’est, pour l’instant, disponible qu’entre 20h et 7h du matin. Période pendant laquelle il est particulièrement compliqué de trouver un petit taxi. “On a mené une étude approfondie pour comprendre les difficultés des utilisateurs de taxis et celles des chauffeurs, on a trouvé que les deux ont un point commun”, explique à la presse Rachid Moulay El Rhazi, directeur général de “Yassir” au Maroc.

 

Huffpost Maroc/Salma Khouja
Rachid Moulay El Rhazi présentant Yassir à la presse.

 

“Les utilisateurs n’arrivent pas à trouver de taxi, tandis que les chauffeurs ne trouvent pas assez de clients, surtout la nuit. Ce qui en fait un service peu satisfaisant des deux côtés”, continue-t-il. C’est là que “Yassir” intervient pour résoudre les soucis des uns et des autres et assurer une disponibilité des taxis et, pour les chauffeurs, assurer un nombre élevé de courses.

Plus besoin alors d’attendre au milieu de la rue, la nuit, un véhicule qui voudra bien vous déposer, à condition que vous alliez dans sa direction. Les prix seront, eux, “légèrement” plus élevés que pour une course “traditionnelle” dans un taxi.

Montrer pâte blanche

L’entreprise insiste sur le fait que son projet s’inscrit dans le cadre d’une entente avec les taxis casablancais, contrairement à ce qui s’est passé avec les plateformes de VTC, dont les relations avec les chauffeurs de taxi ont largement alimenté la presse nationale.

Cet été, “Yassir” a notamment signé avec le Syndicat démocratique des Transports un “protocole d’accord” en vertu duquel “les chauffeurs de taxi peuvent adhérer à une nouvelle application mobile de réservation de taxi”, précise un communiqué de l’entreprise.

Des taxis qui, de leur côté, devront respecter un certain nombre de critères parmi lesquels la possession d’un véhicule de moins de 5 ans, posséder les documents prouvant la propriété du taxi ou encore s’engager à une série de formations continues, notamment de gestion des conflits. 

“Yassir” ne compte pas s’arrêter là. Ses initiateurs veulent en faire une application incontournable pour les Marocains, mettant à la disposition de leurs utilisateurs une “panoplie de services” aussi divers que la livraison à domicile et la prise de rendez-vous chez le médecin. “On voudrait créer un écosystème de services”, affirme son co-créateur au HuffPost Maroc.

Si elle n’est disponible qu’à Casablanca, pour le moment, l’application “Yassir” ambitionne de s’étendre dans d’autres villes du royaume.