MAROC
04/10/2018 09h:25 CET

Une manifestation contre le "racisme" de la CAQ s’organise à Montréal

La Coalition Avenir Québec rejette tout amalgame avec l’extrême droite... et l'appui de Marine Le Pen.

MARTIN OUELLET-DIOTTE via Getty Images

Un collectif d’organismes montréalais se prépare à dénoncer ce qu’elle voit comme des promesses “racistes” du nouveau gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ). Le parti de François Legault réfute avec véhémence cette étiquette.

La manifestation est organisée, entre autres, par Solidarité sans frontières, un organisme voué à défendre les droits des réfugiés et des sans papiers.

“Le 12 novembre 2017, plus de 168 groupes de divers horizons se sont unis pour appeler à une grande manifestation contre la haine et le racisme. [...] Aujourd’hui, la situation est d’autant plus inquiétante que la Coalition avenir Québec (CAQ) vient de remporter les élections et dispose d’une forte majorité parlementaire”, lit-on dans un communiqué envoyé mercredi.

Le collectif dénonce les positions de la CAQ sur les seuils d’immigration, les tests de français et de valeurs et le port de symboles religieux par des représentants de l’État en position d’autorité.

Depuis lundi, des médias étrangers parlent de l’élection d’un gouvernement anti-immigration. La CAQ a d’ailleurs reçu l’appui de la chef controversée du Front National, Marine Le Pen.

M. Legault ne s’est pas présenté devant les médias mercredi, après un discours prononcé devant des députés et candidats défaits de la CAQ à Boucherville. L’ancien porte-parole du parti en matière de justice, Simon Jolin-Barrette, a nié que les positions de son parti sont racistes.

“Je pense qu’on démontre une grande ouverture à travers les différentes politiques qu’on va mettre en place. Il faut simplement rappeler que le Québec est une terre d’accueil. C’est un Québec qui est ouvert, qui est inclusif. On travaille dans cette direction et on va toujours être présents pour dénoncer le racisme”, a-t-il dit.

M. Jolin-Barrette nie toute proximité avec le Front National ou avec le groupe identitaire La Meute, qui a proféré son amour pour la CAQ à quelques reprises pendant la campagne électorale.

Pertes d’emplois à venir?

L’interdiction de porter des symboles religieux serait appliquée aux enseignantes et aux éducatrices, une situation dénoncée par le collectif montréalais.

“Encore une fois, les femmes portant le hijab ont été une cible de choix en proposant des politiques qui leur interdiraient de travailler, et ce, même en tant qu’éducatrices”, lit-on dans le communiqué.

La députée de Louis-Hébert, Geneviève Guilbault, a confirmé que les travailleurs et travailleuses qui voudront conserver leur hijab ou autre symbole devront être mutés.

“Il y aura une période de transition où nous expliquerons quelles sont les options. Ils auront la possibilité d’être mutés à un autre poste [où ils ne sont pas dans une position d’autorité]. Ce sera leur choix de porter le symbole dans un autre poste ou de le retirer et conserver leur emploi”, a-t-elle dit.

Mme Guilbault n’a pas précisé si les personnes qui refusent d’être mutées seraient congédiées.

Cet article a initialement été publié par le HuffPost Québec