MAROC
03/04/2019 13h:13 CET

Une grand-mère marocaine bloquée en Syrie après avoir voulu récupérer ses petits-enfants

Elle demande au Maroc de la rapatrier avec ses petits-enfants.

Issam Abdallah / Reuters
Des militants de Daech, des femmes et des enfants, marchent pendant qu'ils se rendent dans le village de Baghouz, dans la province de Deir Al-Zor, en Syrie, le 14 mars 2019.

TERRORISME - Après les femmes de jihadistes et les combattants de Daech, la presse espagnole a retrouvé une grand-mère marocaine bloquée malgré elle dans un camp de détention surveillé par les autorités kurdes, en Syrie. Ce 3 avril, l’agence de presse espagnole EFE raconte l’histoire de Latifa, originaire de Fès, qui a voulu sauver ses 5 petits-enfants dans le pays en guerre. 

Elle avait déjà 60 ans quand elle a décidé de se rendre en Syrie, alors que son fils, un combattant de Daech, venait de mourir dans un attentat à la bombe en 2015, rapporte l’agence de presse. Hussein al Guil avait 42 ans et cinq enfants. “Mon fils et sa femme sont venus en Syrie sans ma permission. Après sept ou huit mois, sa femme a appelé pour m’annoncer qu’il était décédé et m’a demandé de venir la chercher, ainsi que ses enfants”, a confié Latifa.

La Marocaine ne réfléchit pas et entre directement en contact avec l’organisation terroriste pour préparer le voyage. Depuis Fès, elle rejoint la Turquie. Après deux jours de séjour, Daech la contacte: ils vont venir la récupérer à Raqqa, ancienne capitale du califat autoproclamé de l’organisation terroriste. 

“Je les ai accompagnés dans la voiture. En chemin, je ne pouvais rien voir jusqu’à ce qu’ils me disent que j’étais arrivée à la maison d’hôtes de Raqqa”, raconte-t-elle. Très vite, elle déchante. Elle ne peut pas voir ses petits-enfants, “comme ils l’avaient promis”. Ils confisquent son passeport, sa carte d’identité, son téléphone, jusqu’à ce que Latifa “perde la tête”. Ils décident enfin de lui rendre ses petits-enfants.

La suite se complique. Les terroristes ne respectent toujours pas l’accord conclu en amont du voyage. Normalement, Latifa aurait dû directement revenir en Turquie après avoir récupéré ses petits-enfants. “Mais les radicaux lui ont dit d’attendre”, raconte EFE. “Ils sont restés à Raqqa jusqu’à ce que les forces kurdes prennent le contrôle de la ville en octobre 2017”.

Ensuite, les terroristes l’ont emmenée, avec sa belle-fille et d’autres civils, dans un autre de leur fief. ”Là, ils ont trouvé un passeur qui, six mois plus tard, les a emmenés à Al Shadadi, dans la province de Hasaka, mettant fin à leur captivité aux mains de Daech, puis ils sont entrés dans un camp contrôlé par les autorités kurdes”. Âgée de 63 ans aujourd’hui, Latifa demande au Maroc de la rapatrier, elle, et ses petits-enfants.