MAROC
02/03/2019 19h:34 CET | Actualisé 02/03/2019 19h:35 CET

Une émission de Med Radio reçoit un avertissement du CSCA pour diffusion de propos sexistes

Renfermant "une dimension de femme objet sexuel", les propos tenus à l'antenne ne passent pas auprès de la HACA.

Capture d'écran

MÉDIAS - Dans une décisions rendue ce 21 février, le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle (CSCA) a adressé un avertissement à la Société audiovisuelle internationale, éditrice du service radiophonique Med Radio. Diffusée le 26 octobre dernier, l’émission “Qafass al Ittiham”, animée par Redouane Ramdani et qui recevait ce jour-là le journaliste people Simo Benbachir s’est faite épinglée pour avoir “enfreint les dispositions légales et réglementaires en vigueur relative à la dignité humaine, notamment celles relatives à l’image de la femme et sa dignité”, rapporte l’organe délibérant de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA).

Les propos tenus à l’antenne ne passent en effet pas auprès de la HACA et renferment “une dimension de femme objet sexuel”, indique la décision rendue par le CSCA. L’organe souligne d’une part “une comparaison entre la femme, sa situation, notamment dans le cadre de l’institution du mariage, comme étant une ‘vache’ dont le rôle résiderait dans la fourniture de ‘lait’ comporte des évocations de nature sexuelle”, et d’autre part le fait de qualifier “certaines femmes de prostituées” comme vous pouvez le voir dans ces quelques extraits partagés sur YouTube:

Le CSCA pointe du doigt un dialogue qui “renferme une dimension de femme objet sexuel, loin de sa qualité d’être humain et de membre à part entière dans la société, puis dans la famille, ce qui constitue une atteinte à l’image de la femme et à sa dignité et met, donc, le contenu audiovisuel précité en non-conformité avec les dispositions légales et réglementaires relative à la dignité humaine, notamment celles relatives à l’image de la femme et sa dignité”. 

Saisie dans un courrier datant du 3 janvier dernier, la Société audiovisuelle internationale a répondu le 24 janvier aux observations relevées, soulignant, concernant l’échange sur le mariage, que le “but n’était en aucun cas d’offenser les femmes” et que “la phrase utilisée par l’invité était métaphorique”.

Pour ce qui est de l’échange où le mot de “prostituées” est employé à plusieurs reprises, la société éditrice de Med Radio indique qu’“il n’y avait aucune allusion directe à qui que ce soit, mais ce mot a été utilisé par l’invité en généralisant, pour désigner une certaine catégorie”. “C’est un fait qui est évoqué par des journaux internationaux, de nombreux comptes sur Instagram monnaient des vidéos sexuelles (...)”, poursuit la structure ayant diffusée l’émission. 

Des explications qui ne passent pas aux yeux du CSCA, présidé par Latifa Akharbach, qui outre son avertissement adressé à la Société audiovisuelle internationale, a également ordonné la publication de cette décision au Bulletin Officiel.