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14/08/2019 14h:42 CET | Actualisé 14/08/2019 14h:42 CET

Une des leçons du 20 août: on ne fait pas la révolution sans faire confiance au peuple

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1.    Le drame récurrent des ”élites” algériennes est que, fondamentalement, elles n’ont pas confiance, elles ne croient pas dans le peuple. 

2.    Et si, de leur côté, intellectuelles ou politiques, civiles ou militaires, locales ou nationales, les ”élites” ont perdu la confiance du peuple, c’est parce qu’au préalable, elles s’en sont détachées et ont rompu le lien vital de la confiance entre elles et les milieux dont elles émanent. 

3.    Or ce lien de confiance réciproque entre peuple et élites est essentiel à toute entreprise d’envergure, a fortiori au succès d’une révolution.

4.    Aujourd’hui, les Algériens devraient se souvenir que leur précédente révolution, la guerre de libération nationale, a pu aboutir grâce, notamment, à la culture politique révolutionnaire des dirigeants de l’époque, à leur vision, à leur foi, à leur détermination, à leur courage. 

5.    Ils devraient se souvenir que dans les terribles conditions de la guerre, un homme, un grand homme, comme Zighoud Youcef, de même qu’il a conçu et mené, les armes à la main, l’offensive du 20 août 1955 qui a radicalisé l’insurrection nationale et rendu la guerre irréversible, a décidé, quand il s’est agi d’organiser la population sous sa responsabilité, d’encourager des personnes non affiliées au FLN à se présenter au suffrage de leurs compatriotes et à être élues comme leurs représentants, à égalité avec les militants organisés dans le Nidham. 

6.    Nul doute que cette politique démocratique de Zighoud et de l’État-major de la Zone 2 de la révolution, a grandement contribué à y renforcer la crédibilité et l’efficacité du FLN et de l’ALN ; une politique qui concrétisait, par le biais de l’élection démocratique, la cohésion effective, l’union du peuple et de son armée.

7.    En cette veille du 20 août, tous les Algériens devraient comprendre, méditer et admettre dans les faits que la seule vraie force des révolutions, des pouvoirs ou des États, c’est la force du lien de confiance et de respect mutuel entre le peuple et ses dirigeants, la force de leur légitimité.