ALGÉRIE
19/02/2019 09h:28 CET

Une crise avec la Pologne menace de fiasco l’action diplomatique d’Israël en Europe de l’Est

Varsovie a boycotté un sommet qui devait réunir Israël et quatre Etats d’Europe de l’Est (Hongrie, Pologne, Slovaquie et République Tchèque), et ce, en réaction à une déclaration du chef de la diplomatie israélienne citant l'ex-Premier ministre israélien, Yitzhak Shamir selon lequel "les Polonais sont nourris au lait maternel de l'antisémitisme".

Getty Editorial

Le sommet devant réunir à Tel Aviv aujourd’hui Israël et quatre Etats d’Europe de l’Est (Hongrie, Pologne, Slovaquie et République Tchèque) n’aura pas lieu suite au retrait de la Pologne en protestation contre des déclarations du chef de la diplomatie israélienne, Israel Katz, accusant les Polonais d’antisémitisme congénital.

Cette réunion sera remplacée par des rencontres bilatérales entre des responsables hongrois, slovaques et tchèques, d’un côté, et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, de l’autre, ou, probablement par un sommet réduit qui, en l’absence de la Pologne, aura sans doute une moindre portée politique.

Cette crise diplomatique israélo-polonaise constitue, comme l’a observé le quotidien français Le Figaro, un “fiasco” pour “l’offensive diplomatique d’Israël auprès de l’Europe de l’Est”.

Le 17 février dernier, Israel Katz, qui venait d’être nommé le jour même ministre des Affaires étrangères par intérim, a déclaré à i24 News, chaîne télévisée israélienne d’information en continu, que de nombreux Polonais avaient “collaboré avec les Nazis” et citant l’ex-Premier ministre israélien Yitzhak Shamir, il avait ajouté que les Polonais étaient “nourris au lait maternel de l’antisémitisme”.

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a réagi le lendemain de ces accusations en les qualifiant de “racistes” et d’“inacceptables”. “C’est quelque chose qui ne peut pas être laissé sans réaction”, a-t-il déclaré, annonçant que le ministre des Affaires étrangères, Jacek Czaputowicz, “n’ira pas au sommet”.

D’une crise à une autre

La crise diplomatique entre Israël et la Pologne était dans l’air bien avant les déclarations anti-polonaises d’Israel Katz. La semaine dernière, le Premier ministre israélien en personne avait évoqué le rôle joué selon lui par la Pologne dans l’Holocauste.

La Pologne avait réagi en réduisant le niveau de sa représentation au sommet entre Israël et les quatre pays d’Europe de l’Est à celui de son ministre des Affaires étrangères. Elle avait également demandé des explications à l’ambassadrice d’Israël à Varsovie.

Pour prévenir une crise plus ample, les services de Benyamin Netanyahou avaient assuré que ses propos avait été déformés et qu’il avait parlé du rôle joué dans l’Holocauste par des “Polonais” et non pas par le “peuple polonais”.