MAROC
10/04/2019 14h:43 CET

Une coalition d'associations appelle les détenus du Hirak à renoncer à la grève de la faim

Un appel à la "raison".

FADEL SENNA via Getty Images

DROITS HUMAINS - C’est un appel commun que lancent quatre associations. L’Organisation marocaine des droits de l’homme (OMDH), la Ligue marocaine pour la défense des droits de l’homme (LMDDH), l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et le Forum vérité et justice (FVJ) expriment leur inquiétude quant à la vie des détenus du Hirak. 

Au lendemain du verdict en appel, vendredi dernier, confirmant les peines prononcées en première instance, deux des détenus, en l’occurrence, Nasser Zefzafi et Mohamed Haki, “ont cousu leurs lèvres”, d’après des témoignages de leurs co-détenus recueillis, lundi, par le coordinateur de leur défense, l’avocat Mohamed Aghnaj. 

“Nous prions les deux détenus de renoncer à coudre leurs lèvres et de mettre fin à la grève ouverte de la faim qu’ils observent ainsi que les autres détenus qui font de même”, écrivent-elles dans un communiqué publié, ce mercredi, à l’issue d’une réunion tenue la veille. Dans cette dernière, les associations ont fait le point sur la situation estimant qu’il était impératif de rappeler à ces détenus la nécessité de “préserver leur droit à la vie”. 

Une tentative qui veut “raisonner” ces détenus, mais aussi mobiliser toutes les forces vives du pays pour mettre fin au dossier. “Nous souhaitons que notre initiative s’élargisse à d’autres associations des droits de l’homme, à des militants et à des organismes politiques pour trouver une issue”, déclare au HuffPost Maroc le président de l’Organisation marocaine des droits humains (OMDH), Boubkeur Largou.

Dans leur communiqué, les associations appellent ainsi “les départements du gouvernement et les institutions constitutionnelles nationales concernés à intervenir de toute urgence pour trouver une solution politique à ce dossier”.

“Tous les organismes qui peuvent apporter leur contribution sont invités à débloquer la situation”, assure Largou, précisant que cet appel à l’intervention ne se limite pas à une médiation, mais vise à tourner la page de ce problème. “Nous avions, depuis le déclenchement de ce dossier, appelé à une sortie de crise et à ne pas saisir la justice. Maintenant que nous sommes face au fait accompli, nous estimons nécessaire de faire appel à une initiative d’aspect humain”, explique le président de l’OMDH.

Sur le Hirak, ce dernier réitère que les associations des droits de l’homme l’ont soutenu par conviction que ses revendications ”étaient liées aux droits sociaux et économiques les plus fondamentaux”. “Nous devons rester dans cette optique”, insiste Largou soulignant que les militants des droits de l’homme continueront de revendiquer la libération des détenus du Hirak. “Nous n’y avons jamais renoncé”, prévient-il.