MAROC
18/04/2018 16h:48 CET | Actualisé 18/04/2018 16h:50 CET

Monde arabe: Une campagne vise à donner plus de visibilité aux LGBT

#NoLongerAlone.

HRW

LGBT - Abdellah Taïa, Hamed Sinno, Omar Sharif Jr... Ils font partie de ces rares artistes arabes à avoir fait publiquement leur “coming out”. Ils font par ailleurs partie des hommes et femmes qui ont choisi de s’exprimer à visage découvert à l’occasion d’une campagne lancée par Human Right Watch et l’association libanaise Arab foundation for freedoms and equality (AFE), “No longer alone” (“Plus jamais seul”). Une vidéo qui s’accompagne d’un rapport de HRW sur les conditions de vie des LGBT dans la région MENA et les progrès réalisés notamment du point de vue associatif, pour une campagne qui vise à donner la parole aux personnes LGBT dans le monde arabe “malgré la répression d’État et la stigmatisation”, rapporte HRW.

“No Longer Alone”

Dans une vidéo visionnée plus de 30.000 fois sur la page Facebook de l’AFE, plusieurs hommes et femmes issues de pays arabes, s’identifiant comme queer, gay, lesbiennes ou transgenres, racontent leurs histoires. Ils évoquent notamment le long chemin qui les a menés à accepter leur sexualité et la faire accepter à leurs proches et à leurs familles, mais aussi leurs expériences face à l’homophobie de leurs camarades de classe, familles ou voisins. ”C’est dur quand on est jeune, cela reste dur plus tard mais cela devient plus facile avec le temps”, conclut Hamed Sinno, leader du groupe libanais Mashrou Leïla.

HRW a également publié plusieurs vidéos individuelles de chaque participant, parmi lesquels celle de Hajar, Marocaine s’identifiant comme lesbienne, ou encore l’écrivain Abdellah Taïa qui évoque de son côté l’espoir que, par son coming out, des jeunes aient enfin pu accepter leur sexualité:

Donner de l’espoir

Pour Georges Azzi, fondateur de l’Arab foundation for freedoms and equality, cette campagne vise en particulier les jeunes LGBT de la région MENA, “pour leur faire comprendre qu’ils ne sont pas seuls”, déclare-t-il au HuffPost Maroc.

Une campagne qui, toujours selon ce dernier, a débuté par “une conversation” avec Human Rights Watch. “Cela vient de l’idée que plusieurs personnes dans notre région ont abandonné tout espoir. Nous voulions leur envoyer un message d’espoir et leur montrer que malgré les challenges, les choses vont de l’avant, aussi lentes soient-elles. Nous avons un mouvement qui croît et une communauté de plus en plus importante. Nous voulions que les gens sachent qu’ils ne sont pas seuls”.

Reste que pour Georges Azzi, les populations de la région MENA “doivent apprendre à accepter la diversité”. “?otre région est détruite par l’intolérance envers les personnes différentes, peut-être que si nous apprenions à nous accepter les uns les autres et apprendre des erreurs passées, les choses s’amélioreront pour tout le monde, y compris les membres de la communauté LGBT”, défend-il. 

Et maintenant, on fait quoi?

HRW communique par ailleurs une liste d’associations dans chaque pays de la région MENA susceptibles de venir en aide aux jeunes gay, lesbiennes, et transsexuels. Parmi les associations nommées au Maroc, le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI).

Pour la porte-parole du mouvement, Betty Lachgar, cette campagne a le mérite de dénoncer l’homophobie, mais pour elle, la vrai lutte vient après. “Et maintenant, on fait quoi?”, s’interroge-t-elle. Pour la militante, la lutte contre l’homophobie au Maroc passe notamment par la désobéissance civile non violente, comme celle prônée par son mouvement, afin de lutter contre “l’homophobie d’État”.

Betty Lachgar se désole par ailleurs du manque d’engagement sur cette questions d’associations féministes parfois mieux intégrées sur le terrain ou d’organisations de lutte pour les droits de l’Homme. “Il manque quelque chose sur le terrain, une solidarité”. Le mouvement MALI prépare d’ailleurs une campagne de lutte contre l’homophobie pour le 17 mai prochain, à l’occasion de le Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie.