ALGÉRIE
09/03/2019 09h:50 CET

Une Algérienne dépose une requête en justice pour mettre Bouteflika sous curatelle

Photo d'archives du président algérien Abdelaziz Bouteflika dans un bureau de vote le 23 novembre 2017 à Alger pour les élections locales |RYAD KRAMDI

Une ressortissante algérienne a déposé vendredi 08 mars 2019 une requête de mise sous curatelle du président Abdelaziz Bouteflika, auprès du Tribunal de protection de l’adulte et de l’enfant (TPAE). Selon des médias suisses, la requérante a déjà porté plainte contre l’entourage du Chef de l’Etat. 

La ressortissante s’est attachée les services de l’avocate genevoise, Saskia Ditisheim, présidente suisse d’Avocats sans frontières, qui a demandé à la justice de nommer un ou plusieurs curateurs pouvant “délier les médecins de leur secret de fonction à l’égard de Abdelaziz Bouteflika”.

La requérante entend également “obtenir une attestation médicale à son sujet” et “prendre les mesures nécessaires pour la protection de ses intérêts”. Les curateurs pourront, de la sorte, obliger l’entourage d’Abdelaziz Bouteflika à solliciter leur aval avant toute communication officielle.

L’avocate genevoise a cité le Code civil suisse, selon lequel “une curatelle de portée générale est instituée lorsqu’une personne a particulièrement besoin d’aide, en raison notamment d’une incapacité durable de discernement”. 

Elle espère “protéger les intérêts d’une personne dont l’état de santé est préoccupant”,et “peut-être par ricochet”, les “intérêts du peuple algérien”. La même avocate précise qu’il ne s’agit pas “d’interférer dans la politique intérieure d’un pays”.

La présidente d’Avocats sans frontières Suisse estime que les conditions sont réalisées pour la mise sous curatelle immédiate du président. “J’attends des juges qu’ils respectent leur serment de magistrat, qu’ils se conforment strictement aux lois et qu’ils ne fléchissent pas dans l’exercice de leurs fonctions”, dit-elle.

Mercredi, la Tribune de Genève affirmait que le président Bouteflika était “sous menace vitale permanente”. L’information a été “démentie” par son directeur de campagne, Abdelghani Zaalane. Il a affirmé que l’état de santé du président ne s’est pas détérioré, rajoutant que ses “contrôles médicaux routiniers touchaient à leur fin”.

Toutefois, le chef de l’Etat semble être à Genève encore. M. Zaalane a également déclaré que de “larges couches de la société ont accueilli favorablement la lettre de Bouteflika et ses promesses”. Néanmoins, les Algériens sont ressortis pour réitérer leur “non” à un 5e mandat.