MAROC
20/05/2018 13h:11 CET

Un réseau de trafiquants de "karkoubi" entre l'Espagne et le Maroc démantelé à Malaga

Ils fabriquaient des fausses ordonnances pour se procurer des psychotropes.

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DROGUE - La police nationale espagnole a récemment démantelé, à Malaga dans le sud de l’Espagne, un réseau criminel dédié à la production de psychotropes. Le réseau de 40 personnes était dirigé par trois hommes, deux Marocains et un Espagnol, rapportent les médias espagnols ce dimanche 20 mai.

Ces trois trafiquants de drogue se chargeaient de produire de fausses ordonnances qu’ils donnaient ensuite à des “mules” pour que ces dernières puissent se procurer des médicaments psychotropes dans des pharmacies en Espagne. Ils étaient ensuite revendus dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla au nord du Maroc, où ils atteignaient une valeur économique comprise entre 150 et 180 euros la boîte. 

Ils étaient ensuite utilisés dans la fabrication du “karkoubi”, une drogue populaire au Maroc, mélange de psychotropes et de haschich, d’alcool ou de colle, qui provoque des hallucinations et des comportements psychotiques.

Les 40 personnes arrêtées sont poursuivies pour leur implication présumée dans des crimes de contrefaçon, contre la santé publique et pour appartenance à un groupe criminel.

1.500 fausses ordonnances

L’enquête, qui reste ouverte, a débuté au dernier trimestre 2017 sur la base de plusieurs plaintes de médecins de différents centres de santé de Malaga ayant repéré l’activité frauduleuse. Environ 1.500 ordonnances auraient été présentées dans les pharmacies de la ville en seulement trois mois selon les enquêteurs.

Les trafiquants à la tête du réseau payaient jusqu’à 20 euros la “mule” pour chaque boîte de médicaments psychotropes obtenus en pharmacie en présentant les ordonnances contrefaites. 30 “mules” font partie des 40 personnes arrêtées.

Les enquêteurs ont également mis la main sur des fichiers informatiques contenant des modèles de fausses ordonnances et de la documentation pour obtenir ces médicaments. Des ordonnances de sécurité sociale volées, des boîtes de médicaments psychotropes et 1.500 euros en espèces ont aussi été saisis.

La somme empochée par le réseau criminel pour ce business illicite est estimé autour de 270.000 euros, selon les enquêteurs.