ALGÉRIE
09/08/2019 11h:18 CET

Un régime obsolète face à une société en mutation

RYAD KRAMDI via Getty Images

1.    L’incapacité du régime à faire face sérieusement aux problèmes du pays est due en grande partie à son enfermement intellectuel dans un logiciel obsolète qui l’empêche aujourd’hui de comprendre une société algérienne en mutation.

2.    Malgré la démonstration magistrale de la révolution de février, le régime ne comprend toujours pas que la société qu’il gouverne n’est pas celle qu’il croit, c’est-à-dire une société décérébrée et corrompue, aliénée, clivée et paralysée par ses archaïsmes. 

3.    Car si la société a profondément souffert des politiques nocives du régime, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la justice, de l’administration ou de l’économie, si la société a subi les incommensurables destructions humaines de la guerre intérieure des années 90, si la société a vécu sous le règne absolu de la corruption durant les 20 années qui ont suivi, eh bien, cette société, non seulement n’a pas été détruite, mais a pu valoriser, de façon autonome, en-dehors ou à la marge des cadres «institutionnels», ses ressources intellectuelles et morales les plus profondes et en former une intelligence politique et une conscience révolutionnaires insoupçonnées.

4.    Et alors que régime considère que la société est divisée au plan politique entre islamistes, berbéristes, nationalistes ou démocrates, il ne voit pas qu’aujourd’hui toutes les tendances et forces politiques, quelles que soient leurs différences, leurs différends ou leurs contentieux, sont toutes unies autour de l’objectif d’instaurer un régime démocratique en Algérie.

5.    Les Algériennes et les Algériens sont en effet parvenus à la conscience que seuls un État de droit, des institutions démocratiques, la garantie des libertés individuelles et collectives, leur permettront de vivre ensemble, unis dans leur diversité, et de construire un avenir décent pour leurs enfants. Et alors qu’ils se projettent dans l’avenir, le régime, lui, s’efforce de les rejeter dans un passé révolu.