TUNISIE
12/04/2018 18h:56 CET

Un rapport publié par l'OTAN appelle à sauver la transition démocratique en Tunisie

Un échec prouvera que les transitions démocratiques au Moyen-Orient sont tout bonnement incompatibles avec les influences qui prévalent dans la région.

RomanBabakin via Getty Images

“La Société civile et les organisations tunisiennes doivent renforcer leur coopération avec les organisations internationales, si elles souhaitent mener à bon port la transition démocratique”. C’est ce que recommande un rapport publié par l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN).

Selon le rapport, mis à part les quelques ONG dont l’activité et le financement sont douteux, le reste des organisations doivent redoubler d’effort et consolider leurs relations avec les ONG internationales, afin de faire face aux énormes défis qu’impose la transition vers la démocratie.

Le processus demeure sinueux selon les auteurs du rapport, avec des obstacles majeurs comme la crise socio-économique et sécuritaire du pays. Veiller à instaurer une bonne gouvernance, et contribuer ainsi à la croissance économique du pays, doit être au cœur des activités de la société civile tunisienne, car comme le souligne le rapport, le gouvernement tunisien, et aussi ses partenaires internationaux, sont conscients que le chemin vers la démocratie peut à tout moment prendre la direction inverse.

La Tunisie, qui évolue dans une région souvent en proie à la dictature, la violence et l’instabilité, doit absolument relancer son économie pour éviter un retour à la dictature.

Des intérêts de l’OTAN en jeu

Les risques d’un retour à l’autocratie menacent également les intérêts de l’OTAN, si l’on croit ce rapport, qui a été basé sur des années de recherche académique, des études sur la gouvernance tunisienne, la collaboration avec des organisations internationales travaillant avec la Tunisie, ainsi que des entretiens avec des directeurs d’ONG tunisiennes et internationales.

Ainsi, outre l’importance de la stabilité de la Tunisie et son impact sur toute la région, l’OTAN a selon le rapport d’autres intérêts fondamentaux, tels que la gestion des flux migratoires vers l’Europe.

Le rapport estime qu’un effondrement de la société civile en Tunisie, précipitera, sans nul doute, une crise encore plus grave dans la région.

Selon le rapport publié par l’OTAN, la société civile tunisienne représente “un symbole d’espoir pour le futur d’un Moyen-Orient prospère, démocratique et stable”, soulignant au passage la haute symbolique du prix Nobel remporté par le Quartet en 2015.

Pour les auteurs du rapport, au vu des grands défis auxquels la Tunisie est confrontée, la période à venir ne pourrait réussir que si la communauté internationale renforce son travail avec le gouvernement tunisien, où alors, celle-ci pourrait se solder par un échec, prouvant que les transitions démocratiques au Moyen-Orient sont tout bonnement incompatibles avec les influences qui prévalent dans la région.

Ne pas perdre espoir

Pour eux, les Tunisiens ne doivent pas perdre de vue leur remarquable révolution, car disent-ils, à ce jour, il s’agit de la seule réussite démocratique du printemps arabe.

“La société civile a aidé le pays à renforcer ses racines démocratiques, mais un redoublement d’efforts devient impératif pour que le travail et les avancées faites jusqu’ici, ne soient pas vaines”.

En juillet 2015, les Etats-Unis avaient accordé le statut d’“allié majeur non-membre de l’Otan” à la Tunisie. Ce privilège déjà accordé à quinze pays, dont le Japon, l’Australie, l’Afghanistan ou encore l’Egypte, Bahreïn et le Maroc, permet aux pays concernés d’avoir accès à une coopération militaire renforcée avec les Etats-Unis, notamment dans le développement et l’achat d’armements.

Le rapport ne reflète pas l’opinion de l’OTAN, mais celle de ses auteurs, à savoir, le Dr. Brian Klaas, de l’École d’économie et de sciences politiques de Londres, et Marcel Dirsus de l’université de Kiel en Allemagne.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.