TUNISIE
08/02/2019 19h:14 CET

Un projet de loi visant à restreindre l'immigration au Québec en préparation: Qu'est-ce que le "Tinder de l’immigration"?

Ce projet de loi a été fortement pointé du doigt.

HuffPost Canada

Avec le dépôt d’un nouveau projet de loi visant à modifier la Loi sur l’immigration au Québec, l’annulation de 18 mille dossiers d’immigration non traités... Le Canada serait-il en train de resserrer l’étau sur ses immigrants potentiels?

Le jeudi 7 février 2019, le ministre québécois de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a déposé un projet de loi, qui jette les bases des objectifs du gouvernement Legault en matière d’immigration et des changements qu’il souhaite apporter. 

Cette nouvelle loi vise à accroître la prospérité socio-économique du Québec et à répondre adéquatement aux besoins du marché du travail par une intégration réussie des personnes immigrantes.

Vous n’y comprenez pas grand-chose à la première lecture? Eh bien, vous n’êtes pas les seuls.

Pour mieux comprendre cette loi, nos confrères de HuffPost Québec ont tenté de décortiquer cette réforme qui constitue la “pierre angulaire” du plan de la Coalition avenir Québec (CAQ) en matière d’immigration. 

“C’est comme le Tinder de l’immigration...”

Oui, le ministre Jolin-Barrette a bel et bien prononcé ces mots. Plus sérieusement, il souhaite mieux “arrimer les immigrants aux besoins du marché du travail” au lieu de respecter le principe du “premier arrivé, premier servi”.

Désormais, le profil des immigrants choisis devrait concorder avec les besoins liés à l’emploi de la société québécoise et que le gouvernement ferait des “matchs”, comme sur l’application de rencontre Tinder. 

À terme, l’idée est de mettre un portail en ligne pour les employeurs afin de recruter de potentiels candidats à l’immigration. Cela permettra aussi de réduire les délais de 36 mois à... 6 mois.

Quelques 18 000 dossiers sur le carreau

Quelque 18 139 dossiers, qui s’empilaient sur les bureaux des fonctionnaires parfois depuis 2005, seront tout simplement annulés. Le gouvernement Legault souhaite faire table rase et rembourser ces demandes. Cette mesure coûtera environ 19 millions de dollars canadiens.

Le ministre de l’Immigration québécois justifie cette décision en disant que, de toute manière, une bonne part de ces dossiers étaient bloqués ou ne correspondaient tout simplement pas aux besoins du marché du travail.

Ce projet de loi a été fortement pointé du doigt. Certains l’ont considéré comme étant un projet “très inhumain” qui “manque de considération” et qui “va entacher l’image du Québec à l’international”. 

Pas de test de valeurs (pour l’instant)

Contrairement à ce que certains peuvent croire, le gouvernement n’a pas annoncé la création d’un test des valeurs québécoises. Il a cependant jeté les assises légales qui lui permettront d’imposer le test des valeurs par voie de règlement une fois le projet de loi adopté.

La CAQ, à l’origine de cette initiative, a promis en campagne électorale d’instaurer des tests de français et de valeurs, dans une période de trois ans, afin d’obtenir un certificat de résidence permanente. Un échec aura pour résultat une expulsion du Québec. 

Parmi les valeurs que les futurs immigrants devraient connaître et s’engager à partager, figurent “l’égalité entre les hommes et les femmes, la primauté du droit, les valeurs démocratiques, la non-discrimination fondée sur l’identité de genre, fondée sur l’orientation sexuelle,” explique le premier ministre québécois François Legault.

Selon lui, à l’heure actuelle, “il y a trop d’immigrants qui ne répondent pas aux besoins du marché du travail au Québec et il y a trop d’immigrants qui ne parlent pas français”. C’est le cas de 60 pour cent des nouveaux arrivants.

De plus, même si ce projet de loi ne porte pas sur les seuils d’immigration, le gouvernement Legault s’est engagé pourtant à réduire de 20 pour cent le nombre d’immigrants dès cette année, qui passera de plus de 50 000 à 40 000.

Ottawa dit non

Au lendemain du dépôt du projet de loi sur l’immigration de la CAQ, Ottawa dit non à Québec pour lui redonner des pouvoirs en matière de sélection des immigrants.  

Le gouvernement Trudeau est choqué que le Québec agisse trop vite alors qu’ils sont en pleine négociation sur le sujet. La CAQ avait indiqué vouloir déposer son projet de loi au printemps.

Cet article a été repris en partie de HuffPost Canada: On tente de comprendre le “Tinder de l’immigration” de la CAQ

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