MAROC
20/05/2018 15h:59 CET | Actualisé 20/05/2018 16h:19 CET

Un prof agresse violemment une élève en plein cours à Khouribga

Une enquête à été ouverte.

AGRESSION - Les images sont choquantes. Une jeune fille a été violemment frappée par son professeur et insultée en plein cours. La scène, filmée par un élève et diffusée sur les réseaux sociaux, a choqué les internautes. L’agression se serait déroulée au lycée Imam Malik à Khouribga mercredi 16 mai.

Dans un communiqué publié ce dimanche 20 mai, l’Académie régionale de l’éducation de Béni Mellal-Khénifra, qui “condamne toute violence en milieu scolaire”, indique avoir “constitué en toute urgence une commission d’enquête afin d’élucider les circonstances de cet incident et prendre les décisions administratives qui s’imposent.”

Selon Médias24, le professeur a été interpellé ce dimanche sur instructions du Parquet général, qui n’aurait néanmoins reçu aucune plainte liée à cette agression “en raison de la réconciliation entre le père de la victime et l’enseignant”, précise le site d’information.

La DGSN a également réagi dans un communiqué publié dimanche après-midi, annonçant que la brigade de la police judiciaire de Khouribga a ouvert une enquête judiciaire à l’encontre de l’enseignant de 59 ans. Celui-ci a été placé en garde-à-vue. “Les services de sûreté nationale n’avaient reçu aucune plainte de la part de la victime concernant cet acte de violence”, précise la DGSN.

Sur les réseaux sociaux, les internautes ont été nombreux à s’indigner face à la violence du professeur. “Il doit être puni et condamné avec la plus grande peine. Un professeur ou un éducateur peut-il former un citoyen de son pays de cette façon sauvage?”, s’interroge un internaute.

Quand les responsables parlent des raisons du décrochage scolaire, ils n'évoquent jamais la violence verbale et physique.

“Châtiments corporels, insultes, humiliations... font encore partie de la pédagogie dans le système scolaire. En milieu rural, c’est pire! Quand les responsables parlent des raisons du décrochage scolaire, ils n’évoquent jamais la violence verbale et physique”, a pour sa part écrit la sociologue Soumaya Naamane Guessous sur sa page Facebook.

“J’ai tenté maintes fois de sensibiliser à cette atteinte à la dignité, mais en vain. En 2018, j’ai proposé à un haut responsable du ministère une campagne de sensibilisation contre la violence auprès des enseignants. Il n’en a pas vu l’utilité!”, affirme-t-elle.

Interrogée en 2017 par le HuffPost Maroc sur le sujet de la violence en milieu scolaire, la pédopsychiatre Bahia Ouazzani estimait que “les violences sont beaucoup moins fréquentes dans les établissements privés que dans les établissements publics, mais cela reste malheureusement très répandu”.

Pour elle, la peur des représailles est une des raisons essentielles pour lesquelles des parents hésitent à signaler les violences des professeurs. “Ils ont peur que l’enfant soit envoyé au fond de la classe, qu’il soit ignoré, voire encore plus battu”, soulignait-elle.