MAROC
24/04/2019 14h:29 CET

Un photographe britannique a enquêté sur les chèvres marocaines qui montent dans les arganiers

Il révèle les conditions de vie de ces animaux qui constituent une véritable attraction touristique au Maroc.

Banet12 via Getty Images

BUZZ - “Cela semblait trop beau pour être vrai”. Un photographe environnementaliste britannique, Aaron Gekoski, a mené une enquête sur les chèvres marocaines qui montent dans les arganiers. Une des attractions touristiques les plus connues du Maroc qui semble en réalité être “une arnaque exploitante”, rapporte The Telegraph.

Cela n’a jamais été un secret: les agriculteurs font monter leurs chèvres dans les arbres pour le plus grand plaisir des touristes qui passent sur les routes d’Essaouira et d’Agadir. Mais pour le photographe, certains d’entre eux, “opportunistes ont décidé de manipuler la situation à des fins lucratives”. Dans son enquête, menée dans le cadre d’une campagne “visant à mettre un terme aux attractions cruelles du tourisme faunique”, il pointe du doigt les conditions d’exploitation des chèvres les plus connues au monde.

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“J’ai entendu dire qu’ils avaient fait venir des chèvres d’autres régions, qu’ils avaient construit des plates-formes dans les arbres” pour les y déposer quand les touristes veulent prendre une photo”, assure Aaron Gekoski. Les agriculteurs ”ramènent les chèvres à la maison vers la fin de l’après-midi, avant de les remettre dans les arbres au lever du soleil”. Des chèvres qui semblent “plutôt malades et abandonnées” à rester dans les arbres sous un soleil de plomb, pour le photographe. D’après l’enquête également publiée par le DailyMail, une fois trop fatiguées, les chèvres sont redescendues. 

Aaron Gekoski a également affirmé que “le fait qu’il y ait autant de chèvres au même endroit menace la durabilité des arbres car leurs sabots endommagent les branches”. Pourtant, une étude publiée par des chercheurs espagnols dans la revue Frontiers in Ecology and the Environment admettait que les chèvres favorisaient la reproduction des arganiers. Les animaux, qui mangent les fruits de l’arbre et recrachent sa noix, participent ainsi à la dispersion des plantes dans d’autres environnements naturels. 

Interrogé par les médias britanniques, Dr Chris Draper, responsable du bien-être des animaux et de la captivité de l’association caritative Born Free, explique que cette dernière “demande à tous de garder un œil sur les animaux lors de voyages et de vacances: si quelque chose semble trop beau pour être vrai, il l’est probablement”. Mais si le bien-être de ces chèvres doit être remis en question, le phénomène est bel est bien naturel. A l’origine, les chèvres montaient toutes seules dans les arbres pour manger leurs fruits.