TUNISIE
14/08/2019 14h:41 CET

Un nouveau Tiananmen est-il possible à Hong Kong?

Alors que les chars de l'armée chinoise se sont positionnés à Shenzhen, la ville voisine de Hong Kong, le monde entier s'interroge sur la stratégie que la Chine adoptera dans les jours qui viennent pour mettre fin à 10 semaines de contestation.

HONG KONG - Les chars de l’armée chinoise ont fait leur entrée en file indienne à Shenzhen, une ville chinoise limitrophe de Hong Kong et véritable porte d’entrée sur le territoire indépendant, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus. Un symbole qui pourrait annoncer une intervention plus violente de Pékin, après dix semaines d’une contestation dont la tension monte crescendo.

Car ces images en rappellent d’autres, celles de la place Tiananmen, il y a 30 ans. Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, les chars de l’armée chinoise avaient investi l’endroit, occupé depuis plusieurs semaines par des étudiants et des ouvriers. La répression avait fait des centaines, voire plusieurs milliers de morts, selon les différentes sources qui ont bien du mal à s’accorder sur le chiffre. En est restée l’une des images les plus célèbres du monde, “Tank Man”, qui montre un homme empêchant une colonne de chars d’avancer.

Alors que la répression des manifestations au départ pacifistes, dont certaines ont rassemblé plus de deux millions de personnes, ne cesse de durcir, les observateurs s’interrogent. Pour Alain Rodier, directeur de recherche au Centre Français de Recherche sur le Renseignement, “Pékin ne va pas pouvoir encore tolérer pendant des semaines, voire des mois, cette insurrection”.

La Chine pourrait-elle recourir à l’armée pour empêcher les manifestations? Déjà soupçonné d’avoir fait appel aux triades, ces mafias chinoises, pour effrayer les contestataires hongkongais fin juillet et début août, Pékin pourrait durcir le ton selon Ai Weiwei, un dissident chinois exilé à Berlin. 

Plus grave crise politique depuis 1997

Face à la multiplication ces dernières semaines des affrontements entre policiers et manifestants, Pékin a musclé son discours contre ces derniers, disant voir dans leur mouvement des “signes de terrorisme”. 

Une intervention musclée de la Chine pour mater les manifestations pro-démocratie à Hong Kong serait “une catastrophe”, a estimé ce mardi 13 août Chris Patten, le dernier gouverneur britannique de la région semi-autonome. “Il est très, très contre-productif pour le gouvernement chinois de donner l’impression qu’il devra envisager d’autres méthodes si cela ne cesse pas rapidement”, a-t-il déclaré à la BBC. “Nous savons ce qu’ont été ces autres méthodes dans l’histoire de la Chine”, a-t-il ajouté, en évoquant notamment la répression de Tiananmen à Pékin en juin 1989.  

L’ex-colonie britannique traverse sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Parti début juin du rejet d’un projet de loi hongkongais qui entendait autoriser les extraditions vers Pékin, le mouvement a considérablement élargi ses revendications pour dénoncer le recul des libertés et les ingérences de la Chine dans les affaires intérieures.

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