MAROC
10/09/2019 13h:54 CET

Un ministre suggère de vider l’eau de Fukushima dans le Pacifique

Le ministre japonais de l'Environnement a évoqué cette hypothèse avant d'être rapidement désavoué

Issei Kato / Reuters
Les cuves dans lesquelles sont stockées les eaux contaminées de la centrale de Fukushima

JAPON - Huit ans après la catastrophe de Fukushima, les effets se font encore sentir. Le ministre japonais de l’Environnement Yoshiaki Harada a fait une annonce particulièrement polémique ce mardi 10 septembre en marge d’un briefing à Tokyo: les eaux contaminés provenant du système de refroidissement de la centrale pourraient devoir être déversées dans l’océan Pacifique. “L’ensemble du gouvernement en discutera, mais je voulais faire part de ma simple opinion”, a-t-il ajouté.

Alors que l’annonce avait suscité de nombreuses réactions, le ministre a finalement été désavoué par sa hiérarchie. Le porte-parole de l’exécutif, a immédiatement réagi, qualifiant de “personnels” les propos de Yoshiaki Harada, lequel fait par ailleurs partie des personnalités qui devraient quitter mercredi l’équipe du Premier ministre Shinzo Abe à l’occasion d’un remaniement ministériel prévu depuis longtemps.

Malgré de désaevu, cela fait un moment que cette idée circule. Depuis que le tsunami de mars 2011 a frappé les installations, Tepco, l’opérateur de la centrale a stocké pas moins d’un million de tonnes d’eau contaminées dans près d’un millier de cuves. Une capacité de stockage qui arrivera à saturation d’ici 2022.

Et pour cause, les trois réacteurs qui ont explosé il y a trois ans doivent toujours être aspergés et refroidis. Résultats les volumes de liquide s’accumulent.

En 2016, une commission d’experts mandatés par le ministère japonais de l’Industrie (Meti) avait conclu que l’option du déversement dans le Pacifique était “la plus rapide et la moins onéreuse”, avec un coût évalué à 28 millions d’euros sur  7 ans, alors que les autres techniques coûteraient de 10 fois à 100 fois plus pour une durée allant de 8 à 13 ans.

Comme le précise le Guardian, l’entreprise a essayé de décontaminer l’eau dans la mesure du possible mais, précise le quotidien britannique, il n’existe pas en l’état de technologie permettant d’éliminer le tritium, un des principaux déchets de l’industrie nucléaire. S’il est jugé relativement peu dangereux au regard des autres déchets, Tepco a toutefois reconnu l’an passé que l’eau stockée contenait d’autres contaminants que le tritium.

Face à cette situation, le gouvernement a l’intention de faire appel à un autre panel d’experts. D’après le Guardian, les autres options prévoient notamment une vaporisation du liquide. 

D’après Reuters, rejeter les eaux contaminés dans le Pacifique pourrait - outre mettre en colère les écologistes - provoquer des tensions avec la Corée du Sud, qui a convoqué en août un diplomate de l’ambassade du Japon à Séoul afin de lui demander des comptes sur la manières dont Tokyo entend gérer la question des eaux radioactives.

Pour l’instant des travaux sont toujours en cours à la centrale. Après plusieurs phases d’observation, des phases d’extraction devraient débuter en 2021.

Cet article a été initialement publié par Le HuffPost France.