ALGÉRIE
10/11/2019 10h:32 CET | Actualisé 10/11/2019 11h:06 CET

Un message en interne ou à Gaïd Salah ? Un tweet “dawla madaniya machi askariya” de Abderrezak Makri

RYAD KRAMDI via Getty Images
Abderrazak Makri, president of the Islamist Movement for the Society of Peace, gives a press conference in the Algerian capital Algiers on September 29, 2019. (Photo by RYAD KRAMDI / AFP) (Photo by RYAD KRAMDI/AFP via Getty Images)

“Dawla Madaniya, machi askariya”. (Etat civil, pas militaire). L’un des slogans qui revient avec insistance dans toutes les marches du vendredi et du mardi pour marquer l’exigence de rupture avec un système de gouvernance fondé, depuis l’indépendance, sur la cooptation du président par l’institution militaire. 

Le slogan déplaît au chef d’état-major, le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, qui y voit un complot ourdi de la “3issaba” pour briser la “confiance” entre l’armée et le peuple. Position encore réaffirmée, jeudi dernier, lors d’un colloque sur le rôle de l’armée. Ce slogan, a-t-il déclaré, “vise à induire en erreur l’opinion publique nationale, en diffusant ces idées sournoises qui n’ont d’existence que dans l’esprit (...) de ceux qui les propagent”.

Deux jours, plus tard, le 9 novembre,Abderrezak Makri, le président du MSP, qui a décidé de ne pas participer aux présidentielles et de ne soutenir aucun candidat, a publié un tweet remarqué dans lequel il réaffirme l’attachement de son mouvement à la notion “d’Etat civil”. 

“Certains voudraient que nous arrêtions d’appeler à un l’État civil, uniquement parce que, selon eux, une autre tendance l’exige. Quelle légèreté! Le document fondateur du Mouvement appelait à civiliser l’action politique, et nous sommes restés sur cette position, sans discontinuer.  Oui, nous voulons un État civil, nous ne voulons pas un État militaire, ni directement ni indirectement.”

Le rappel au document fondateur du mouvement laisse entendre que le tweet est moins une réponse au général Ahmed Gaïd Salah qu’à une demande en interne venant de personnalités en général très “sensibles” aux messages du pouvoir. Ce courant, qui prône une participation tous azimuts au pouvoir, a été incarné - pour le pire plutôt que pour le meilleur pour de nombreux cadres du MSP - par Boudjerra Soltani, l’ancien président du MSP qui avait arrimé le mouvement à l’attelage de “l’Alliance présidentielle” de soutien à Bouteflika. 

Arrivé à la tête du MSP, en mai 2013, Abderrezak Makri a fait sortir le mouvement de la proximité de Bouteflika et a fait face à une contestation, parfois publique, de Boudjerra Soltani, ancien ministre d’Etat de Bouteflika, qui n’appréciait cette prise de distance. Le tweet sur la Dawla Madania semble bien dirigé à des éléments au sein même du MSP qui étaient - et sont encore - sur la même ligne de Boudjerra Soltani.