MAROC
23/05/2019 14h:14 CET

Un Marocain condamné pour avoir dénoncé la situation du Rif en live sur Facebook

Un an de prison pour “incitation à perpétrer des crimes et des insultes à l’encontre d’agents de sécurité".

Movimiento Popular de Rif En Navarra

LIBERTÉ D’EXPRESSION - En prison pour une vidéo. Ahmed Chibi, un Rifain de 44 ans, a été condamné ce 20 mai par le tribunal de première instance d’Al Hoceïma, allongeant ainsi la liste des condamnations en rapport avec le mouvement social du Hirak. Il est accusé d’“incitation à perpétrer des crimes et des insultes à l’encontre d’agents de sécurité”, indique l’agence de presse EFE.

Ahmed Chibi a été arrêté le 8 mai dernier “après avoir diffusé une vidéo en direct sur sa page Facebook, dans laquelle il critiquait la situation ‘catastrophique’ dans la région nord du Rif”. Dans son poste, il clamait également “l’innocence” des détenus du Hirak, qui ont écopé de peines allant de 20 ans de prison ferme à un an de prison avec sursis. Pour avoir donné son avis, Ahmed Chibi a été condamné à 1 an de prison et une amende de 3.000 dirhams, affirme EFE, qui cite une source judiciaire. Il va rejoindre deux de ses enfants, qui font partie des détenus du Hirak suite à leur participation aux manifestations qui ont secoué le Maroc pendant des mois. 

Dans le même temps, la cour d’appel d’Al Hoceima a réduit la peine d’un autre militant du Hirak, poursuivi lui aussi pour avoir fait une critique sur son compte Facebook. “Dans ce commentaire, le jeune homme a dénoncé la peine de la cour d’appel de Casablanca à l’encontre de son frère Bilal, également militant rifain, condamné à 10 ans de prison”, rapporte l’agence de presse espagnole. Au lieu de deux ans, il devrait passer huit mois en prison. 

Les deux militants ne sont pas les seuls condamnés pour avoir exprimé leur avis sur Facebook. Soufian Al-Nguad a été condamné en appel à un an de prison et une amende de 2.500 dirhams pour avoir critiqué, sur le réseau social, les partis marocains et soutenu un appel à manifestation suite à la mort de Hayat, tuée par la marine royale. ”Il a simplement été emprisonné pour avoir critiqué le gouvernement et incité autrui à manifester, c’est-à-dire pour des types de propos qui sont protégés par le droit international relatif aux droits humains”, rappelait Human Rights Watch avant son procès en appel. L’organisation dénonçait un “verdict abusif” et une “violation de son droit à la liberté d’expression”.