TUNISIE
28/03/2019 13h:52 CET

Un manifestant tabassé et agressé sexuellement par la police selon HRW, le ministère de l'Intérieur dément

La police aurait passé à tabac et agressé sexuellement un jeune lors d'une manifestation pacifique contre les conditions sanitaires dans les hôpitaux publics tunisiens.

Philippe Lissac via Getty Images

L’incident a été fortement relayé depuis quelques jours par les médias et les réseaux sociaux suscitant une vague d’indignation de la part des organisations et des défenseurs des Droits de l’Homme. 

Un jeune manifestant aurait été violemment “agressé et tabassé” par des policiers, racontent des témoins lors d’une manifestation pacifique organisée le 12 mars courant contre les conditions sanitaires dans les hôpitaux publics.

Or, intervenant ce jeudi sur les ondes de Mosaïque Fm, le porte-parole de ministère, Sofien Zaag, a donné une toute autre version des faits. Il a tenu à apporter un démenti catégorique sur l’agression du jeune manifestant.  

Il a fait savoir que ce dernier a été transféré au poste de police après avoir insulté des agents, placés pour sécuriser la manifestation. “Il a été, par la suite, placé en garde à vue après autorisation du ministère public” souligne-t-il. Selon lui, des enregistrements vidéos prouvent les faits.

Le responsable du ministère de l’Intérieur a précisé que le jeune homme souffre de troubles psychiatriques. Il a, d’ailleurs, été transféré à l’hôpital psychiatrique El Razi de la Manouba pour y recevoir les soins nécessaires. “Il a été hospitalisé sous contrainte sur décision légale” assure-t-il. 

Cette affaire houleuse a capté l’attention de l’organisation internationale Human Right Watch qui a publié un communiqué de presse appelant les autorités tunisiennes à ouvrir une enquête sur “des allégations selon lesquelles la police a passé à tabac et agressé sexuellement un manifestant alors qu’elle dispersait une manifestation  à Tunis le 12 mars 2019.”

“J’étais violé et agressé par la police” raconte le manifestant 

Agé de 31 ans, le jeune manifestant a affirmé à HRW “qu’il participait à une manifestation sur la place du Gouvernement à Tunis, à l’appel d’activistes sur Facebook, visant à protester contre les mauvaises conditions sanitaires dans les hôpitaux publics tunisiens, quand la police l’a agressé”. Le 19 mars, il a porté plainte contre les agents de police, pour viol et agression, devant le Tribunal de première instance de Tunis, rapporte l’organisation.

“Peu après le début de la manifestation, des agents de police l’ont encerclé, l’ont frappé, lui ont arraché son pantalon et son sous-vêtement et l’ont hissé de force dans un fourgon de police”, raconte le jeune manifestant à Human Rights Watch. Il a ajouté “qu’un des agents de police l’avait agressé sexuellement à l’intérieur du fourgon en lui introduisant un doigt dans le derrière. Il a également affirmé que les policiers lui avaient refusé le droit, pourtant prévu par la loi tunisienne, de contacter un avocat lorsqu’il a été placé en garde à vue”.

“Mentalement équilibré” rapporte HRW

D’après HRW, le manifestant en question a été remis en liberté, après avoir passé une nuit à l’hôpital Razi. “La décision a été prise après avoir été déclaré ‘mentalement équilibré’ comme indiqué dans le procès-verbal des médecins, que l’organisation a pu consulter”.

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