ALGÉRIE
22/09/2019 06h:34 CET | Actualisé 22/09/2019 12h:07 CET

Un malade mental placé en détention provisoire à Alger

Getty Editorial
Algerians gather in front of Algiers Court of Justice during a protest against former Algerian Prime Minister Ahmed Ouyahia, in Algiers, Algeria on April 30, 2019. According to media reports, Ouyahia was questioned today as part of a broader investigation into corruption charges. (Photo by Billal Bensalem/NurPhoto via Getty Images)

L’une des deux personnes arrêtées mardi dernier, lors de la marche des étudiants et placées en détention provisoire le lendemain par le Procureur près le tribunal de Sidi M’Hamed n’était pas un étudiant. Maati Salah, âgé de 47 ans, est finalement un “malade mental à 100%”, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).

Dans un post Facebook, le comité explique que Maati Salah “a été arrêté par les services de sécurité lors de la marche du mardi, alors qu’il avait une pancarte entre ses mains sur laquelle sont dessinés tous les présidents algériens”.

Une fois présenté devant le procureur de la République près du tribunal de Sidi M’hamed, alors qu’il n’avait aucune pièce d’identité sur lui le jour de son arrestation, son frère aîné a présenté un dossier médical attestant sa maladie à 100% et attend toujours la suite de la justice”, fait savoir la même source. 

Le CNLD rappelle que cet homme “a été placé sous mandat de dépôt le mercredi 18 septembre avec la jeune étudiante Dahmani-N et quatre autres citoyens”, s’interrogeant, dans le même poste, “où va la justice algérienne”. 

Le comité rappelle qu’un jeune atteint d’un cancer, Bilal Ziane, et un homme, Garidi Hamidou, âgé de 76 ans, atteint d’une maladie chronique, ont également été placés en détention provisoire. 

“Au total, 6 détenus ont été arrêtés le mardi 17 septembre et 24 arrêtés le vendredi 13 septembre”, rappelle-t-on. 

Par ailleurs, selon la même source, un autre manifestant, à Béjaia, Djilali Aounit, “sera présenté devant le procureur demain pour avoir ramener un âne à la marche du vendredi 20 septembre”. Le CNLD ne précise pas quelles accusations peuvent être portées contre lui.

Par ailleurs, un manifestant arrêté mardi à Annaba, Zakaria Boussaha, a été relâché après comparution immédiate.

“Pendant que la liste des détenus d’opinion a dépassé les 70 détenus à El Harrach, l’opinion nationale et internationale s’inquiètent de plus en plus des accusations inventée par une justice qui reste toujours soumise au moment où tout un peuple est en train de lutter pour la libération de l’Algérie. Le Conseil national de l’ordre des médecins d’Algérie doit réagir”, s’alarme le comité.