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13/11/2018 17h:16 CET | Actualisé 13/11/2018 17h:17 CET

Un juif, une femme, une jeune nommés ministres ou la vacuité des symboles

Oui, les symboles sont importants, indispensables mais...

Yassine Gaidi/Anadolu Agency/Getty Images - Facebook / Saida Ounissi

Un juif au ministère du Tourisme, un noir à la météo, une femme maire de Tunis, une jeune ministre... et tout le monde est content, se félicitant des avancées de la révolution, de la force des symboles, de l’activation de la discrimination positive.

Tout le monde est sommé d’applaudir ces “sacres”. Il suffit d’une voix discordante pour qu’on lui tombe dessus, agitant les réquisitoires de l’antisémitisme, du racisme, du sexisme, du conservatisme et j’en passe, il y a pire encore. 

Oui, les symboles sont importants, indispensables même pour forger une conscience collective plus réceptive à l’acceptation de la différence, mais si on se contente des symboles, si on en fait un fonds de commerce politique ou médiatique uniquement, si on ne les associe pas à la valeur du mérite, on détruit la force du symbole pour en faire une marionnette, une farce politico-médiatique. 

Ne pas retenir la qualité de la compétence et réduire un citoyen juif à sa communauté, une femme à son sexe, un jeune à son âge, un noir à sa couleur de peau, est un mépris de cette diversité.  

Si le féminisme a été objet de manipulation politique depuis Ben Ali, les jeunes et les régions pimentent depuis la révolution les discours ressassés dans les médias. Les success-stories de personnes noires et ou juives viennent parfois ajouter du piquant à ces beaux discours sur la Tunisie plurielle. 

Qu’a-t-on fait pour les régions et les jeunes depuis? Applique-t-on la loi sur la lutte contre la violence envers les femmes adoptée au sein même de l’ARP?  Qu’a-t-on fait pour changer l’ostracisme exercé sur les minorités religieuses?  Suffit-il d’un René Trabelsi à la tête du ministère du Tourisme pour que certains arrêtent de dire “sale juif”, insulte utilisée et acceptée dans le langage courant? 

Dans un pays où des lois sont toujours encore en vigueur visant des minorités sexuelles, vidant de leurs sens les libertés de croyance et de conscience, tout symbole est vide de sens, désuet. 

 

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