MAROC
20/05/2019 16h:41 CET

Un groupe d'avocats espagnols et d'observateurs norvégiens détenus au Maroc depuis plus de 24 heures

Les 5 avocats espagnols et 2 observateurs norvégiens comptaient couvrir à Laayoune le procès de la journaliste sahraouie Nezha Khalidi.

Facebook/ Equipe Média

ARRESTATION - Cinq avocats espagnols et deux observateurs norvégiens sont détenus au Maroc depuis plus de 24 heures, rapporte l’agence de presse espagnole EFE. En visite dans le royaume pour assister au procès de la journaliste sahraouie Nezha Khalidi, ils se sont vu refuser, ce dimanche, l’entrée à l’aéroport de Laayoune. 

Transférés à l’aéroport de Mohammed V de Casablanca par les autorités, ils seront renvoyés dans leurs pays respectifs, indique à EFE une des avocates de la délégation, Lourdes Baron. Au cours d’une conversation téléphonique avec l’agence de presse espagnole, elle relate la chronologie des événements. Elle et ses camarades espagnols, des avocats de l’école de Saragosse et du barreau de Madrid et Las Palmas, devaient se rendre à Laayoune pour assister au procès de la journaliste Nezha Khalidi, en tant qu’observateurs envoyés par le Conseil général des avocats espagnols. Ils étaient accompagnés de deux observateurs norvégiens de la Fondation Rafto, un organisme de défense de droit de l’Homme. 

Arrivés à l’aéroport de Laayoune, à 14h30 heure locale, ils se sont vu refuser l’entrée sur le territoire marocain par les autorités, précise à la même source Lourdes Baron. Les policiers du contrôle douanier auraient affirmé qu’il manquait au groupe un cachet du ministère des Affaires étrangères marocain. Il a été refusé à l’une des membres de la délégation qui s’était rendue à 17 reprises au Maroc pour des procès similaires. En l’absence de cette autorisation, le groupe a été emmené dans un salon d’aéroport où ils ont été “jetés” selon les propos de l’avocate. A défaut de dépêcher une personne sur place, le consulat espagnol, contacté par l’un des avocats, a envoyé des vivres au groupe. 

Environ sept heures après son arrivée, le groupe est transféré par avion à l’aéroport de Casablanca et séjourne dans un hôtel, à leurs frais, souligne l’avocate à EFE. Un autre avocat espagnol indique que les autorités marocaines auraient souhaité être rémunérées pour le vol retour du groupe à destination de l’Espagne. Selon EFE, les avocats ont indiqué qu’il s’agissait d’un “retour” de personnes et que “le pays qui ne les recevait pas devait donc payer les billets conformément au droit international”. “C’est le chaos... Chaque fois, ils nous disent quelque chose puis ne font rien” ajoute-t-il à la même source. Aux dernières nouvelles, ils devraient tous partir pour les îles Canaries. 

Ce sans assister au procès de Nezha Khalidi, reporté au 24 juin prochain par le tribunal de première instance de Laayoune, indique son avocat Lahbib Rguibi à EFE. La jeune femme, membre du collectif d’activistes sahraouis “Equipe Media”, avait été arrêtée le 4 décembre dernier alors qu’elle diffusait, en direct sur Facebook, une scène de rue et un policier qui la pourchassait, en dénonçant la “répression” des autorités. Son smartphone avait été confisqué par la police et ne lui aurait jamais été rendu, selon elle. Elle risque jusqu’à deux ans de prison, selon l’ONG Human Rights Watch.