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14/09/2019 13h:17 CET | Actualisé 14/09/2019 13h:17 CET

Un été indien, un jour, un rêve sans hâte

Jamila Loukil
Un été indien, un jour, un rêve sans hâte

La guerre avait été finie bon gré mal gré, sans procès, sans justice, on avait remisé les morts, les disparus, tout était sous le tapis et les mères pouvaient continuer à pleurer . 

La paix était revenue avec un pays gouverné par un président en fauteuil roulant depuis plusieurs mandats, puis par un général muré dans sa caserne. 

Cependant, les maisons continuaient à sentir la fleur doranger, la cannelle, le figuier et le cumin. Le ciel était bleu, la mer lisse.

Puis quelque chose dinstable, de mouvant comme dans un tableau de Hopper s’était produit ce printemps 2019. Le hors champ, qui nous avait hanté toutes ces années, envahissait le tableau, une nuit avec un silence dense comme dans Nighthawks. 

Mais au bord de laube, se dessinait une photographie de Jamila Loukil où des enfants traversaient les murs et avançaient vers leur avenir.

Enfin nous allions arrêter d’’être défini par les autres . Le pays était en ébullition et sa charge émotive nous emportait .

Ils avaient déterré lespoir enfoui depuis trente années et quon pensait scellé à jamais sous les pierres brulantes . 

Nos yeux se vidaient des images désespérées trop vues, trop pleurées, nous allions reprendre le chemin et rencontrer le miracle de lhomme blessé qui ne renonce jamais à sa dignité, à sa liberté, à sa vie. 

Le désespoir, la désolation et la mort navaient pas gagné, on pouvait à nouveau percevoir le bleu du ciel qui fusionne avec la mer, humer la fleur doranger et le jasmin, déguster un créponné chez Mira.

Le désarroi nous avait trop souvent affleuré comme une blessure qui ne cicatrisait pas, une fêlure dans nos âmes vagabondes. La rue avait grondé au soleil et même la pluie nous souriait et nous voulions habiter chaque goutte pour respirer à nouveau.  

Et toi tu étais là, complice de mon éclat de rire, rassuré par mon espoir.

Et moi je te voyais sourire, comme apaisé enfin