MAROC
26/11/2018 19h:28 CET

Un contractuel britannique d'origine marocaine "traité comme un terroriste" pendant une mission pour Google

Il accuse le géant du web de ne pas l'avoir protégé.

Canaltech

GOOGLE - Quand le géant américain est accusé de “discrimination raciste” par un de ses employés. Cette année, Google a versé 4000 livres sterling pour clore l’affaire de Ahmed Rashid (Ndlr: son nom a été changé), qui accusait son employeur de “discrimination raciste”, rapporte The Guardian

D’origine Marocaine, il avait été engagé par l’entreprise pour se rendre, en secret, dans des centres commerciaux de la ville et tester leur wifi. Une mission ayant pour but de permettre aux utilisateurs de Google Map de se retrouver dans ces lieux en passant par leur wifi plutôt que le GPS, peu fiable dans ces endroits, explique The Guardian.

Ainsi le contractuel devait tester la puissance du wifi dans tous les magasins des centres commerciaux visités. Dans le cadre de cette mission, lui et ses collègues n’ont pas le droit de porter de badge, d’informer de leur présence à l’avance ou de dévoiler qu’ils travaillent pour Google.

Seul membre “visiblement arabe”

Cependant, étant le seul membre de l’équipe “visiblement arabe”, Ahmed se retrouve régulièrement pris à parti par les services de sécurité des centres commerciaux, rapporte The Guardian, et n’a pas le droit, pendant ces interpellations, de révéler qu’il travaille pour Google. 

La situation se répète pendant des missions en Europe où, si les centres commerciaux ont cette fois été prévenus de leurs arrivées, les contractuels n’ont toujours pas de badge prouvant leur affiliation au géant du web. Ahmed se retrouve une nouvelle fois interpellé dans des grands magasins à Paris et à Naples. C’est au cours d’un de ces voyages qu’une personne lui demandé “s’il est un terroriste”.

La collaboration prendra finalement fin en septembre 2017, après que Ahmed Rashid se soit plaint d’avoir été suivi par des agents de sécurité dans un centre situé dans la banlieue de Londres. Suite à cela, Google lui retire un contrat pourtant précédemment promis.

Manque de diversité

Pour Ahmed Rashid, cette affaire témoigne du manque de diversité au sein des comités en charge de ces projets: “J’ai réclamé plusieurs fois un badge, et d’être capable d’informer de ma présence à l’avance. Mais cela a juste été ignoré”, déclare-t-il au Guardian

En acceptant l’offre de règlement à l’amiable de Google, Ahmed Rashid a signé un accord de confidentialité. Mais comme le rapporte The Guardianil a finalement choisi de ne pas le respecter suite à la vague de protestations organisées par des employés du groupe, en réaction aux affaires de harcèlement sexuels révélées en octobre par la presse.

En plus de ces accusations de discrimination, l’entreprise américaine a en effet été pointée du doigt pour son traitement des cas de harcèlement sexuel en son sein. En octobre dernier, le New York Times, cité par l’AFP,révélait que Google “a passé sous silence plusieurs cas de harcèlement concernant de hauts responsables dont Andy Rubin, créateur du système d’exploitation mobile Android”.