MAROC
13/03/2019 17h:38 CET

Un combattant de Daech d'origine marocaine veut être rapatrié en Italie

Son cas est cependant plus compliqué qu'il n'y parait.

Reuters

JIHADISME - Son cas est un casse-tête pour l’Italie. Monsef al-Mkhayar est un ancien combattant de Daech, âgé de 22 ans. D’origine marocaine, il a vécu plusieurs années en Italie, pays où il souhaite revenir, explique Reuters. 

L’agence de presse anglaise a interviewé le jeune homme, actuellement détenu par les Forces démocratiques syriennes, à qui il s’est rendu il y a deux mois. Monsef aurait rejoint Daech à 18 ans. Ce dernier explique notamment à Reuters avoir été élevé par une tante à Milan avant d’être placé dans un centre pour jeunes en difficultés, dirigé par un prêtre.

Interrogé par le Corriere della sera, ce dernier, le père Claudio Burgio, qui croyait Monsef mort, s’est dit prêt à essayer de “ne pas le rejeter” en cas de retour en Italie. 

Radicalisé en prison

Le jeune marocain se serait radicalisé pendant un séjour en prison pour trafic de stupéfiants. Il quitte l’Italie pour la Syrie en 2015, en compagnie d’un ami, Tarik, surnommé le “bébé djihadiste” par la presse italienne et mort au combat en 2016.

Son discours est cependant contesté par certains médias italiens. Ce natif de Casablanca est en effet arrivé du Maroc en Italie clandestinement en 2009, alors encore mineur. “El Mkhayar prétend être un compatriote, pour éviter d’être arrêté par le Maroc, où ils ne le traiteraient pas avec des pincettes”, affirme le journal italien Il Giornale.

Un autre élément joue en sa défaveur. Alors encore au front, Monsef al-Mkhayar a tenté de rallier à sa cause plusieurs jeunes en Italie. Un prosélytisme en ligne qui lui a valu une condamnation à huit ans de prison par contumace, explique la même source.

Autre fait incriminant: les autorités italiennes auraient intercepté un message de Monsef dans lequel il menace le pays d’attentat terroriste. “Si je reviens en Italie, ce sera pour me faire exploser”, disait alors ce dernier, cité par Il Giornale. 

Désenchantement

Après avoir combattu sur plusieurs fronts aux côtés de Daech, Monsef finit par déserter avec sa femme enceinte et sa fille.

S’il affirme ne pas avoir renoncé à son idéologie, il partage avec Reuters sont désenchantement vis-à-vis de l’organisation terroriste, dont il accuse les dirigeants d’être une “mafia”.

Les Forces démocratiques syriennes détiendraient, selon l’agence de presse, plus de 800 combattants étrangers et 2.000 de leurs femmes et enfants. Des prisonniers qu’ils aimeraient voir rapatriés dans leurs pays d’origine au plus vite.

Une situation qui reste cependant compliquée à l’heure où les gouvernements européens débattent encore sur le possible rapatriement des combattants étrangers de Daech.