MAROC
10/10/2019 17h:51 CET

Un collectif d'ONG appelle à faire des enfants des condamnés à mort "des pupilles de la nation"

Appel lancé à l'occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort.

C_FOR via Getty Images

PEINE DE MORT - La Coalition marocaine contre la peine de mort (CMCPM) a appelé à accorder aux enfants des personnes condamnées à mort le statut de pupilles de la nation dans le but d’améliorer leurs conditions en termes d’accès aux prestations de base.

Un appel  lancé lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi à Rabat à l’occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort. La CMCPM a exprimé, à l’occasion, le souhait de voir le Conseil national des droits de l’Homme ”établir un mécanisme de suivi afin d’assurer la protection requise à ces enfants ainsi que l’accès notamment à l’éducation et à la santé”.

“Les enfants victimes invisibles de la peine de mort”

Durant cette conférence, la coalition a présenté un rapport sur une visite effectuée dans trois établissements pénitentiaires (Kénitra, Tanger et Moul Bergui) en coordination avec la Délégation générale de l’administration pénitentiaire et la réinsertion. Le rapport  a été dressé sur la base d’un constat établi sur la situation de 51 individus condamnés à mort et celle de leurs enfants, en particulier les incidences de la peine capitale sur leur milieu familial.

La CMCPM a, par la même occasion, invité l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE) à veiller au suivi de cette catégorie, sachant que ce dernier représente un instrument efficace de mise en application de la convention de l’ONU relative aux droits de l’enfant, ratifiée en 1993 par le Maroc.

A l’occasion de cette journée, commémorée sous le signe “les enfants victimes invisibles de la peine de mort”, la coalition marocaine a réitéré son appel à l’abolition de la peine capitale dans la législation marocaine. Elle a également plaidé en faveur de la ratification du deuxième protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, tout en saluant la grâce royale dont bénéficient certains de ces condamnés.

106 pays ont aboli la peine de mort

En 2018, 93 personnes étaient sous le coup d’une condamnation à la peine de mort, soit deux personnes de moins qu’en 2017. Même si aucune exécution n’a eu lieu depuis 1993, rappelle Amnesty, “les tribunaux ont prononcé dix condamnations à mort” cette année. Une estimation réalisée, cependant, avant les procès d’Imlil à la fin duquel la condamnation à la peine capitale a été prononcée l’encontre de trois des principaux accusés.

Selon la coalition, 106 pays ont aboli la peine de mort à travers le monde pour tous les crimes, 8 pays l’ont aboli pour les crimes ordinaires, 56 pays sont rétentionnistes et 28 autres sont abolitionnistes en pratique.

Le Maroc a inscrit dans l’article 20 de sa Constitution de 2011 le droit à la vie. Pour les militants, il faut trouver, à présent, un juste-milieu entre la protection du droit à la vie et le maintien de l’ordre public. D’où la nécessité “d’ouvrir un débat rationnel et serein”.