ALGÉRIE
30/10/2018 16h:53 CET | Actualisé 30/10/2018 17h:18 CET

Un chinois à Alger: Mo Yan, un Nobel et un continent humain à découvrir

“Celui qui ne parle pas” comme le surnommait sa grand-mère est devenu bavard l’espace d’une conférence à Alger!

VCG via Getty Images

Un prix Nobel au salon international du livre d’Alger est un vrai évènement. Avoir Mo Yan, le Nobel chinois l’est un peu plus. Et pour cause! “Celui qui ne parle pas” comme le surnommait sa grand-mère est devenu bavard l’espace d’une conférence à Alger. 

Parler de sa Chine profonde, de sa littérature, de ses inspirations et de son attachement à son village natal, ses grand-parents, les villageois avec lesquels il a vécu, a donné à l’auteur du “Clan du sorgho” un flux de mots qu’il n’a peut-être pas soupçonné pouvoir débiter en une heure de temps.

HuffPost Algérie

D’emblée Mo Yan, de son vrai nom Guan Moye, a expliqué à son assistance qu’il était villageois et qu’il tenait à ses racines. Source de son inspiration, son village Gaomi dans la province de Shandong, lui a donné tous les ingrédients qu’il fallait à un écrivain pour devenir un auteur reconnu. 

Renvoyé de l’école à sa cinquième année, Mo Yan est retourné à Gaomi parmi de vieux villageois où il était le seul enfant. Accroché à ses grands-parents durant de longues années, il affirme que toute création est liée à l’enfance. Et son enfance à lui, il l’a passée à écouter les contes et les histoires que racontaient les bonnes gens de son village natal. Ces histoires, dit-il, constituent “la colonne vertébrale de tout ce que j’écris et ce que je fais de mieux”.

Disposant de matières premières, il lui fallait de la romance et du talent pour raconter les campagnes chinoises et les rendre célèbres à travers le monde. Raconter presque exclusivement les campagnes, c’est aussi parce que c’est “l’univers qu’il maîtrise le plus”.

Bien que les événements qu’il raconte à travers ses romans ne s’y sont pas en réalité déroulés, l’environnement campagnard reste l’espace qui libère son imaginaire et lui permet de tisser ses histoires. Et la campagne chinoise lui fournit une source d’inspiration infinie. 

L’écriture pour lui, c’est un cordon qui lie l’auteur avec ses lecteurs et son univers. Ecrire pour une société, “Sa société, c’est permettre aux gens de s’identifier aux récits relatés” par les auteurs. 

Est-il pour autant un des adeptes de “la quête des racines” en Chine? Mo Yan ne veut pas être classé dans un courant particulier. Il se dit partisan du “réalisme de l’imaginaire” par opposition au “réalisme magique” de Gabriel Gracia Marquez. 

Les auteurs de n’importe quel pays doivent s’approprier leur propre manière d’écrire et leur propres moyens de raconter leurs sociétés respectives pour parvenir à tisser les liens avec leurs peuples et avec les mondes extérieurs.

Celui que l’académie suédoise avait présenté comme l’auteur qui “unit avec un réalisme hallucinatoire, imagination et réalité, perspective historique et sociale”, se définit comme un enfant qui gambade dans sa terre natale laissant libre cours à son imaginaire. Cet enfant qui resurgi presque malgré lui tout au long de tous ses livres.