MAROC
08/01/2019 15h:56 CET

Un Canadien nommé Mostafa veut changer de prénom pour ne plus être victime de discrimination

Il assure que ce prénom "à connotation musulmane" lui porte préjudice au niveau professionnel et dans sa vie sociale.

© Eduardo Arraes - www.flickr.com/photos/duda_arraes via Getty Images
Les drapeaux du Québec, du Canada et de Montréal devant l'Hôtel de Ville de Montréal.

JUSTICE - Mostafa Benomar, un Canadien de 48 ans installé à Montréal, fait appel à la justice. Se disant victime de discrimination à cause de son prénom ”à consonance musulmane”, il a fait la demande de transformer “Mostafa” en “Stofa”, un surnom qu’il utilise depuis plus de 20 ans, révèle le journal canadien La Presse.

Discrimination à l’emploi et préjudice dans sa vie sociale. Mostafa Benomar affirme que chaque fois qu’il prononce ce prénom ”à consonance d’origine étrangère”, tout le monde le croit musulman et que ce constat lui porte préjudice. “Le demandeur se sent mal à l’aise chaque fois qu’il prononce son nom de Mostafa, car il porte une étiquette religieuse qui ne le caractérise pas du tout”, précise-t-on dans une requête déposée en Cour supérieur, rapporte La Presse.

Le document affirme que M. Benomar “n’adhère pas” à la religion musulmane, “puisqu’il est athée”. Ses parents, qui vivaient au Maroc, ”étaient forcés de choisir un nom imposé sur la liste à cette époque”.

“Le fait de porter le nom de Stofa dans l’avenir lui donnera une nouvelle image. Il se sentira soulagé, guéri d’une infirmité de son image par rapport à ce qu’il sent et veut paraître dans la société québécoise”, souligne la poursuite déposée.

Sa première demande de changement de nom a été refusée par le directeur de l’état civil du Québec, rapporte La Presse. Mais Mostafa ne veut pas en rester là. Il “vient donc d’intenter une poursuite contre l’organisme gouvernemental responsable de l’émission des certificats légaux, pour contester ce refus”. 

A la fin de son article, La Presse rappelle quelques motifs donnés par le directeur de l’état civil pour changer de nom. Il faut, par exemple, qu’un “nom d’origine étrangère (soit) trop difficile à prononcer ou à écrire dans sa forme originale”, que ce nom prête “au ridicule ou (soit) frappé d’infamie (marqué par le déshonneur, la honte, l’indignité)” ou encore qu’un “préjudice sérieux ou des souffrances psychologiques” soit occasionnés par l’utilisation du nom.