MAROC
30/01/2019 16h:36 CET

Le blogueur égyptien Sherif Gaber lance un appel au don pour l'aider à fuir l'Egypte

La vidéo a été visionnée plus de 100 000 fois en 24 heures.

Youtube/ Sherif Gaber

ÉGYPTE - Le recours de la dernière chance. Le blogueur égyptien Sherif Gaber cherche depuis plusieurs mois à quitter l’Egypte après une arrestation, en mai dernier, pour “apologie de l’athéisme”.

Depuis cette arrestation, le jeune homme de 26 ans est décidé à fuir son pays. 

Dans une vidéo publiée le 29 janvier sur sa chaîne Youtube, ce dernier raconte comment il a tenté de quitter l’Egypte par le biais de pays n’exigeant pas de visa pour les ressortissants égyptiens, comme le Liban, les Emirats arabes unis ou encore les Maldives:

Après avoir réservé des vols aller-retour pour le Liban, le jeune militant découvre qu’il a besoin d’une “autorisation de sécurité avant de voyager”. Comme il a un dossier à son nom auprès de la sécurité nationale de son pays, ayant déjà été arrêté, il ne peut pas se rendre au Liban. Concernant Dubaï, le blogueur n’a pas pu acquérir de visa électronique, pourtant relativement facile à avoir. Il ignore toujours les raisons de ce refus.

Alors qu’il arrive enfin à se rendre à l’aéroport d’Alexandrie pour se rendre aux Maldives, il est convoqué par la police qui le détient pendant trois heures dans l’aéroport et lui confisque son passeport, raconte-t-il.

Campagne de crowdfunding

Depuis, Sherif Gaber tente toujours de quitter l’Egypte. Il pense cependant avoir trouvé la solution: demander la déchéance de nationalité et en “acheter” une nouvelle auprès de la République dominicaine. Problème, la nationalité de ce pays coûte 100.000 dollars, prix bien trop élevé pour le jeune homme. Le blogueur a donc décidé de lancer une cagnotte sur le site de crowdfunding Patreon, et demande à ses followers de l’aider à récolter la somme. 

Mise en ligne mardi soir, la cagnotte a déjà récolté plus de 12.000 dollars.

La vidéo d’appel au don a, elle, été visionnée plus de 100.000 fois. Une vidéo dans laquelle l’Egyptien affirme avoir conscience du tort qu’elle peut lui causer, “pas seulement parce que j’ai dit des choses qui ne devraient pas être dites en Egypte, mais aussi car je sais que plusieurs personnes se sont donné pour mission de me faire du tort, pour que les gens arrêtent de m’écouter”. 

Ce dernier se dit cependant prêt à prendre ce risque: “si je me fais arrêter et emprisonner aujourd’hui, je passerai chaque minute en prison à m’en vouloir de ne pas avoir essayé jusqu’à mon dernier souffle de rester libre”.

En mai dernier, le blogueur était poursuivi pour propos blasphématoire allant à l’encontre de l’article 98 du Code pénal égyptien qui condamne toute personne qui dissémine “par écrit ou par tout autre moyen, des idées extrêmes afin d’inciter au combat, se moquer et insulter une religion ou nuire à l’unité nationale”. Sherif Gaber conclut sa vidéo en demandant à tout diplomate visionnant la vidéo de l’aider à obtenir une nationalité étrangère.

Par ailleurs, il milite ouvertement pour les droits des homosexuels et des “libres penseurs”. En octobre 2013, il avait été arrêté lors d’un raid de nuit dans sa maison, mené par les membres de la sécurité de l’Etat et de l’armée.