MAROC
11/04/2019 17h:21 CET

Un bébé conçu avec l'ADN de trois parents naît en Grèce

C'est la première fois que cette méthode est utilisée pour traiter l’infertilité.

kieferpix via Getty Images
La mère avait déjà tenté, sans réussite, plusieurs fécondations in vitro. (Image d'illustration)

SCIENCE  - C’est un garçon! Un bébé conçu avec l’ADN de trois personnes différentes est né en Grèce, a annoncé ce jeudi 11 avril l’équipe médicale gréco-espagnole qui a procédé à cette conception assistée.

Le nourrisson, 2,960 kg, est né mardi 9 avril d’une mère grecque de 32 ans. Elle avait déjà tenté sans succès plusieurs fécondations in vitro, a précisé le centre grec Institute of Live, dans un communiqué. 

Selon cette technique de conception assistée, l’équipe gréco-espagnole dirigée par l’embryologiste grec Panagiotis Psathas a transféré les matériaux génétiques contenant les chromosomes de la mère dans l’ovule d’une donneuse dont les matériaux génétiques avaient été enlevés. La fécondation a ensuite été réalisée in vitro avec le sperme du père et l’embryon implanté dans l’utérus de la mère.

“Le droit inaliénable d’une femme à devenir mère”

“Aujourd’hui, pour la première fois dans le monde, le droit inaliénable d’une femme à devenir mère avec son propre matériel génétique devient une réalité”, s’est félicité le docteur Psathas, président de l’IVF, dans ce communiqué. Selon lui, “il est désormais possible pour des femmes ayant subi de multiples échecs de FIV ou souffrant de rares maladies génétiques mitochondriales d’avoir un enfant”.

 

Cette méthode, qui fait l’objet de controverses au plan éthique, avait déjà été utilisée en avril 2016 au Mexique pour éviter la transmission d’une maladie héréditaire.Traiter l’infertilité par ce moyen soulève des questions éthiques.

Tim Child, professeur et directeur médical à l’université d’Oxford, s’est dit “préoccupé”: “Les risques de la technique ne sont pas entièrement connus, bien que considérés comme acceptables s’ils sont utilisés pour traiter la maladie mitochondriale”.

Cet article a initialement été publié sur Le HuffPost France.