TUNISIE
11/09/2018 16h:01 CET

Un appel à manifester contre la culture du viol en Tunisie

Cet appel à manifester intervient après la médiatisation d’affaires d’une grande violence touchant les enfants.

adl21 via Getty Images

Alors les faits divers relatant des faits de viols touchant aussi bien les enfants que les femmes se succèdent, l’Association des Femmes Tunisiennes pour la Recherche sur le Développement (AFTURD) appelle à manifester mercredi de 12h30 à 13h30, à la Place de la Kasbah pour les dénoncer.

Cet appel à manifester intervient après la médiatisation des affaires d’une grande violence comme les viols d’une enfant de 3 ans à Gafsa, d’une fillette de 8 ans à Ibn Khaldoun ou encore le viol d’une jeune fille de 15 ans par un groupe d’hommes qui a été accompagné par l’agression de la mère et de la grand-mère, engendrant ainsi sa mort. . 

La mobilisation vise ”à appeler le gouvernement à la prise en charge des victimes de ces crimes ainsi que l’application ferme de la loi, la traduction en justice de ces criminels, et la mise en œuvre d’une stratégie de protection et de lutte contre ces crimes”, souligne l’AFTURD.

Intervenant sur les ondes de CAP Fm, la trésorière de l’association, Moufida Abassi, a dénoncé la banalisation de la violence aussi bien par les médias que par les parents, non seulement en violentant leurs enfants mais aussi en leur inculquant également la culture de la violence.  

Ces enfants victimes de la violence sont susceptibles de la reproduire, explique-t-elle. 

La représentante associative, tout en soulignant que le crime du viol n’est pas nouveau, elle appelle à ne pas le banaliser médiatiquement ou le traiter de manière sensationnel. 

Même son du cloche du coté du sociologue Moncef Wannes: “Ces formes de violences ont certainement augmenté et résultent d’une société plus violente à bien des égards mais la médiatisation excessive et manipulée contribue à son amplification”, a-t-affirmé au HuffPost Tunisie. Le spécialiste évoque une médiatisation qui surfe sur l’aspect sensationnel et ne traite pas le sujet de façon apaisée et approfondie.

“Ces viols reflètent une société sans repères qui crée le vide; un vide éducatif, politique, socio-économique et culturel, chez les jeunes notamment et qui est meublé par la violence”, a alerté le sociologue.

Moufida Abassi appelle les autorités à appliquer la loi contre les violences faites aux femmes et à prendre en charge convenablement les victimes. 

L’article 227 de ladite loi énonce qu” Est considéré viol, tout acte de pénétration sexuelle, quelleque soit sa nature, et le moyen utilisé commis sur une personne de sexe féminin ou masculin sans son consentement l’auteur du viol est puni de vingt ans d’emprisonnement. Le consentement est considéré comme inexistant
lorsque l’âge de la victime est au-dessous de seize (16) ans accompli. Est puni d’emprisonnement à vie, l’auteur du viol commis :
1) Avec violence, usage ou menace d’usage d’arme ou avec l’utilisation de produits, pilules, médicamentsnarcotiques ou stupéfiants.
2) Sur un enfant de sexe féminin ou masculin âgé de moins de seize (16) ans accomplis.
3) Par inceste sur un enfant par : les ascendants quelqu’en soit le degré, les frères et sœurs, le neveu ou l’un des descendants, le père de l’un des conjoints, le conjoint de la mère, l’épouse du père ou les descendants de l’autreconjoint,
- des personnes dont l’une d’elles est l’épouse du frère ou le conjoint de la sœur,
4) par une personne ayant autorité sur la victime ou abuse de l’autorité que lui confèrent ses fonctions,
5) par un groupe de personnes agissant en qualité d’auteurs principaux ou de complices,
6) Si la victime est en situation de vulnérabilité due à son âge avancé, ou une maladie grave, ou une grossesse, ou une carence mentale ou physique, affaiblissants sa capacité de résister à l’agresseur.
Le délai de prescription de l’action publique concernant l’infraction de viol commis sur un enfant court à compter de sa majorité”. 

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