MAROC
24/01/2019 15h:27 CET

Un adolescent israélien inculpé pour le meurtre présumé d'une Palestinienne

Son ADN a été retrouvé sur la pierre qui a servi à tuer Aisha Mohammed Rabi, 47 ans.

The Guardian

INTERNATIONAL - En octobre dernier, les autorités palestiniennes et la presse israélienne faisaient écho du meurtre d’une Palestinienne de 47 ans, tuée par un jet de pierre. Ce jeudi 24 janvier, le tueur présumé, un adolescent de 16 ans, a été officiellement inculpé pour meurtre par la justice israélienne, rapporte le quotidien Haaretz.

Selon Times of Israel, l’inculpation s’accompagne de “circonstances aggravantes” en raison “du caractère terroriste des actes”. La justice révèle à l’occasion de ce verdict des éléments de l’enquête, restés secrets jusqu’à ce jour en raison de l’âge du suspect, encore mineur. Comme le rapporte Haaretz, l’ADN du jeune homme aurait été retrouvé sur la pierre qui a servi à tuer Aisha Rabi, 47 ans. 

“Une idéologie motivée par le racisme”

Les faits se sont déroulés le 12 octobre 2018, explique le journal israélien. L’accusé et un groupe d’élèves de son école religieuse, la yeshiva de Pri Haaretz, se trouvaient sur une colline à proximité de la Route 60 en Cisjordanie.

Selon la justice, citée par le journal anglophone, le tueur présumé ce serait saisi d’une pierre pesant jusqu’à deux kilos “dans le but de l’utiliser pour faire du mal à des conducteurs arabes, sur la base d’une idéologie motivée par le racisme et l’hostilité envers les arabes”.

L’adolescent aurait alors jeté la pierre en direction d’une voiture arborant des plaques palestiniennes, blessant mortellement à la tête la mère de huit enfants qui était à bord du véhicule avec son mari et sa fille de 9 ans.

“Lancer des pierres peut tuer: Aisha Muhammad Talal Rabi, Palestinienne de 47 ans, est morte après qu’une pierre lancée par des colons israéliens a traversé le pare-brise de la voiture dans laquelle elle et son mari étaient, près de Naplouse en Cisjordanie la nuit dernière” (Ndlr: le tweet date d’octobre 2018)

 

  

L’adolescent suspecté d’avoir jeté la pierre a été arrêté en décembre dernier, ainsi que quatre autres jeunes, tous colons.

Selon le Monde, la yeshiva  Pri Haaretz, internat où étudient les jeunes arrêtés, a été qualifié par Times of Israel de ”“bastion radical” dans une colonie plutôt classique”. Comme l’explique la même source, cette affaire relance en Israël le débat autour du “terrorisme juif”. 

En juillet 2015, le meurtre d’un bébé de 18 mois et de ses parents dans l’incendie criminel de leur domicile a mis en exergue cette nouvelle préoccupation des autorités israéliennes.

Toujours selon Times of Israel, cette affaire a également relancé les tensions entre l’extrême-droite israélienne et les service de sécurité intérieure israélien, Shin Bet, qu’il accusent de torture et de “détention prolongée”