ALGÉRIE
17/04/2019 15h:01 CET

Un rassemblement devant l'UGTA pour le départ "immédiat" de Sidi Saïd

Salim Mesbah

Ils sont un millier à se presser devant la grille de l’UGTA, protégée par des éléments des forces anti-émeute, venus demander le départ immédiat de l’inamovible patron de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd.

Ils sont venus des quatre coins de l’Algérie, certains d’entre eux ont démarré très tôt ce matin pour être au rendez-vous. Rabah et 8 autres amis arrivent de Khenchela. Lui et ses amis ont loué un taxi collectif dans lequel ils s’entassent, mais pour rien au monde ils n’auraient louper le rassemblement de ce matin.

Le groupe, composé de travailleurs de la santé, de l’éducation, de la CNAS et d’un retraité des affaires sociales, sont de toutes les manifestations pour le départ de Sidi Said. “On ne lâche pas. S’il faut revenir manifester on le refera, mais Sidi Saïd doit partir ”, affirme Rabah. Fayçal employé à la CNAS réclame que le patron de l’UGTA soit juger pour ses délits. “Je veux qu’il paye pour ce qu’il a fait à commencer pour sa responsabilité dans l’affaire Khalifa, alors qu’il était président du Conseil d’administration de la CNAS”, affirme-t-il.

Salim Mesbah

 

Au milieu de la foule, Ziani ne passe pas inaperçu. Le jeune contrôleur qualité à la SNVI de Rouiba depuis 10 ans porte un immense drapeau aux couleurs de son entreprise. C’est sa deuxième manifestation devant le siège de la centrale syndicale. “Je sens que le départ du voleur et pour bientôt”, déclare t-il, et d’ajouter “s’il faut arrêter les chaines de montages pour faire pression et obtenir le départ de Sidi Saïd, on le fera.

On est déterminer et rien ne nous fera reculer”. Pas même les menaces proféraient par des gendarmes pour empêcher les travailleurs de Rouiba de rejoindre la contestation contre le SG de l’UGTA. “Ya Tahkout ; SNVI la tamout”, hurle un groupe de travailleurs de la SNVI sous le regard impassible des forces de l’ordre, dont la passivité n’est pas passée inaperçue par les travailleurs. “C’est l’effet Gaid Salah”, explique un conducteur de l’ETUSA. “Le patron de l’armée a annoncé qu’il protégerait le peuple, du coup les policiers se sont calmés”, avance Hmida un autre travailleur de l’ETUSA.

 

Au milieu des chants et des slogans, un groupe de travailleurs décident de s’en prendre au portrait du SG de l’UGTA, représenté en prisonnier. A coup de bâton et sous le regard réjoui d’autres travailleurs, ils vont à tour de rôle asséner des coups à l’image de Sidi Said. ”ça fait du bien au moral. Maintenant on attend que la justice fasse son travail”, réclame Hmida.

Devant le siège de la centrale syndicale, les travailleurs sont persuades que les heures de Abdelmadjid Sidi Saïd à la tête de l’UGTA sont comptés.