MAGHREB
25/10/2014 23h:10 CET | Actualisé 25/10/2014 23h:17 CET

Elections en Tunisie: De nombreuses irrégularités dénoncées à l'étranger, l'ISIE nie en bloc

Facebook/ISIE
Conférence de presse de l'ISIE, le 25 octobre 2014

Des milliers de Tunisiens résidents à l'étranger se sont rendus aux urnes les 24 et 25 octobre pour élire les 18 députés des circonscriptions étrangères. Le vote à l'étranger se poursuit ce dimanche, jour du scrutin en Tunisie.

Pendant ces deux jours, de nombreuses irrégularités ont été dénoncées par des observateurs nationaux, des électeurs ou des représentants de partis politiques.

Plusieurs candidats aux élections ont accusé les membres de partis concurrents de poursuivre leur campagne électorale, y compris à l'intérieur des bureaux de vote.

Les observateurs de Mourakiboun et de l’ATIDE, déployés par centaines à l'étranger, ont également relevé des dysfonctionnement dans l'opération de vote.

Des inscriptions introuvables

"Les informations remontées jusqu’à maintenant indiquent un début inquiétant de la prestation des IRIEs et des bureaux de vote à l’étranger", a déploré l'ATIDE, évoquant de nombreuses "réclamations relatives au refus d’accès au vote de citoyens tunisiens alors qu’ils sont inscrits volontairement depuis 2011".

L'organisation a dénoncé "une importante défaillance au niveau du registre des électeurs", indiquant que les listes des électeurs n'ont pas été affichées dans plusieurs villes.

"Une tète de liste d’un parti politique n’a pas trouvé son nom dans la liste des votants à Dubaï, et cette même situation a été vécue par un des membres du corps diplomatique à Rome", poursuit l'organisation.

Fawzia Drissi, membre de l'ISIE en charge des Tunisiens à l'étranger, a rejeté ces accusations, lors d'une conférence de presse organisée samedi soir.

"Ceux qui étaient effectivement inscrits et n'ont pas pu voter se sont trompés de bureau de vote (...) ou n'avaient pas pris en compte le fait qu'ils avaient changé de bureau de vote en 2014", a assuré Mme Drissi.

"Il faut arrêter de mettre en doute l'opération de vote, cela risque de dissuader les électeurs d'aller voter", a lancé Anouar Ben Hassen, également membre de l'ISIE.

Des listes d'électeurs modifiées?

De son côté, le réseau Mourakiboun a relevé des incohérences dans les listes des électeurs. Il affirme qu'en Allemagne, des différences notables ont été observées entre le nombre d'inscrits dans les listes publiées sur le site de l'ISIE et celui des listes publiées dans les bureaux de vote.

Dans cette circonscription, il y aurait donc 26.145 électeurs inscrits dans les listes affichées, contre 25.673 dans la liste publiée sur internet. Les listes en questions ne sont plus disponibles sur le site officiel de l'ISIE.

"Au moins 50 personnes de la circonscription Allemagne ont trouvé leurs noms dans des bureaux à des centaines de kilomètres", précise encore Mourakiboun.

A Marseille et Montpellier, l'organisation a également "constaté l'ajout manuscrit d'électeurs au registre. "A Montpellier, 6 numéros de CIN (carte d'identité nationale) sans mention de nom ont été ajoutés, à 17h30, juste avant la fermeture de bureau", assure Mourakiboun.

"Aucun nom n'a été ajouté à aucune liste, c'est illégal", a rétorqué Fawzia Drissi. "Ces allégations sont totalement fausses", a-t-elle affirmé.

Pour la représentante des Tunisiens à l'étranger au sein de l'ISIE, les seuls problèmes constatés sont ceux d'électeurs s'étant trompés de bureaux de vote. L'ISIE a également rappelé que seuls les personnes inscrites volontairement en 2011 et 2014 pourront voter, insistant sur le fait que ceux qui avaient voté en 2011 sans s'inscrire n'étaient pas comptabilisés dans le registre des électeurs.

Les membres de l'ISIE ont en outre assuré que les changements de vote tardifs dans certaines villes étaient indépendants de leur volonté, indiquant que les décisions des pays hôtes en étaient la cause.

Encore tard dans la nuit, d'autres cas de dysfonctionnements ont été constatés, à quelques heures de l'ouverture des bureaux de vote en Tunisie. Les badges des représentants de certains partis, coalitions politiques, observateurs indépendants ou encore journalistes n'avaient pas été délivrés. En cause: un problème d'impression.

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