MAGHREB
17/11/2015 10h:13 CET | Actualisé 10/06/2017 15h:21 CET

Tunisie - Images violentes dans les médias: Un pédopsychiatre explique leur impact sur les enfants (INTERVIEW)

j.r.trauben/Flickr
No different than children in America. I did not attempt to stage this picture, but these kids thought it appropriate to pose for the camera as such. On a side note, it is always nice to see a Marval super hero's international appeal (even if his message of peace and kindness is lost along the way).

TÉLÉVISION- Meurtre, drogue dure, prostitution en passant par d'autres sujets d'une extrême violence verbale et physique...ce sont les thèmes vers lesquels se ruent les réalisateurs des feuilletons ramadanesques, de manière furtive ou longuement. Ils sont devenus incontournables: Est-ce par souci artistique de traiter des phénomènes de société ou une volonté d'attirer les téléspectateurs en surfant sur le "trash"?

Idem pour les sitcoms, la violence fait-elle rire? Apparemment oui, pour certains réalisateurs et les milliers de téléspectateurs de ces produits télévisuels, comme le confirme les sondages. Cependant, quel est l'impact des images violentes diffusées à la télévision sur les enfants?

Mohamed Néjib Mezghani, pédopsychiatre qui explique au HuffPost Tunisie les répercussions de telles images sur les enfants.

HuffPost Tunisie: Les enfants sont de plus en plus exposés à des images violentes à la télé ou sur les réseaux sociaux. Quelles en sont les conséquences sur eux?

Mohamed Néjib Mezghani: La conséquence c'est la banalisation de la violence. Il y a une évolution marquante dans ce sens en Tunisie: lors de l'assassinat de Chokri Belaid, l'émotion était à la hauteur du choc. Depuis, les assassinats se sont succédés, la violence est assimilée. Voir des images de soldats tués ne choque plus comme avant, c'est devenu à la limite normal.

Avec cette banalisation, la violence risque de devenir le seul moyen pour communiquer, de résoudre nos différends.

À votre avis, qui sont les responsables de cette banalisation?

Ce sont en premier lieu les médias. Il n'y a aucun respect pour la dignité humaine, pour les sentiments des familles des victimes, encore moins pour ce que le spectateur peut ressentir, notamment l'enfant.

On ne donne pas d'importance à la psychologie humaine contrairement à d'autres sociétés en occident. En France par exemple, après les derniers attentats, aucune image de victimes n'a été diffusée. On n'essaie pas de faire de grimper l'audimat avec une telle horreur.

Comment protéger les enfants? Faut-il en parler?

Il faut absolument en parler. Les enfants intègrent la peur due à la vue de cette violence. Ils posent des questions là-dessus. C'est aux parents ou aux instituteurs à l'école de les écouter en les incitant à ne pas suivre les rumeurs qui nourrissent leur peur mais à voir la réalité telle qu'elle est. C'est délicat certes mais il ne faut surtout pas leur transmettre nos propres angoisses.

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