MAGHREB
05/11/2015 13h:12 CET | Actualisé 06/11/2015 16h:42 CET

La rue de l'ambassade de Tunisie à Paris rebaptisée "Rue Sofiane Chourabi et Nadhir Ktari" par RSF (VIDÉO)

Une rue à Paris a été rebaptisée provisoirement "Rue Sofiane Chourabi et Nadhir Ktari" dans le cadre d'une action de Reporters Sans Frontières visant à rendre hommage aux journalistes victimes de crimes.

En tout, 12 rues de Paris ont été rebaptisées aux noms de 12 journalistes victimes de crimes restés jusque-là impunis, à l'occasion de la Journée internationale de la fin de l'impunité pour les crimes commis contre des journalistes, le 2 novembre.

Il s'agit de journalistes tués, mais également "disparus comme Sofiane Chourabi et Nadhir Ktari, ou torturés comme la journaliste bahreïnie Nazeeha Saïd", a précisé Yasmine Kacha, responsable du bureau RSF en Tunisie, au HuffPost Tunisie.

"Les adresses des ambassades des pays concernés sont modifiées pour souligner l’inaction des États et l’obligation qui leur est faite de mettre en oeuvre les moyens nécessaires pour traduire en justice les coupables de ces exactions", affirme RSF dans un communiqué, rappelant que "ces dix dernières années, près de 800 journalistes ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions", dont 48 en 2015.

"Les enquêtes qui devraient être menées ne le sont pas (...) c'est un encouragement pour ceux qui perpètrent des crimes contre les journalistes", a déploré Christophe Deloire, Secrétaire général de RSF (voir vidéo ci-dessus).

La lutte pour Sofiane et Nadhir continue

En Tunisie, RSF a entrepris d'importantes démarches pour faire la lumière sur la disparition des deux journalistes tunisiens en Libye, a rappelé Yasmine Kacha, évoquant notamment la création d'une commission par le Premier ministère mêlant le gouvernement et la société civile.

"Le problème c'est que deux mois après l'accord du gouvernement pour l'ouverture de cette commission, il n'y a toujours aucune mise en place. Il faut que les choses se concrétisent et que la commission commence son travail", explique la responsable du bureau RSF en Tunisie.

Mais l'incertitude qui demeure quant à l'espoir de retrouver Sofiane Chourabi et Nadhir Ktari nécessite une action rapide et efficace. C'est dans cette optique que RSF a soumis le cas des deux journalistes au groupe de travail des Nations-Unis sur les disparitions forcées ou involontaires afin qu'il soit à leur travail, au niveau diplomatique.

RSF a également envoyé une lettre à l'UNSMIL (Mission d'appui des Nations-Unies en Libye) afin de les encourager à effectuer une recherche approfondie sur la question en l'absence d'autorités libyennes, indique encore Yasmine Kacha.

En outre, la campagne "Fight Impunity" de RSF recense 15 cas de journalistes - dont les deux journalistes tunisiens - disparus ou tués durant l'exercice de leurs fonctions en 2015.

"Ce qu'on veut, c'est faire avancer les choses. Il faut également prendre en charge les familles, et ne pas laisser d'intermédiaires profiter de la situation", conclut Yasmine Kacha.

Disparus en Libye le 8 septembre 2014, les deux journalistes étaient en reportage pour la chaîne télévisée First TV. Leur sort a fait l’objet de nombreuses rumeurs non-confirmées. Le 8 septembre a été proclamé Journée nationale de la protection des journalistes, par la présidence de la République.

Le ministre des Affaires étrangères Taieb Baccouche avait affirmé que "de nouvelles informations lui donnait de l'espoir sur le fait qu'ils soient en vie et puissent revenir au pays". Cette déclaration vient contredire celle de la branche libyenne de l'organisation Etat islamique (EI) qui avait affirmé les avoir exécutés, une annonce qui avait suscité l'horreur en Tunisie et que les autorités s'étaient refusées à croire en l'absence de preuves matérielles.

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