MAGHREB
27/11/2015 11h:53 CET

Tunisie: Le ministère de l'Intérieur enquête sur ses propres agents, selon Rafik Chelli

ASSOCIATED PRESS
Police officers patrol in the main avenue of Tunis, Thursday, Nov. 26, 2015. Tunisian authorities have identified a suicide bomber who targeted presidential guards in a deadly attack, saying he was a 27-year-old local street vendor. The Islamic State group claimed responsibility for Tuesday's attack on a bus in central Tunis, which left 12 dead plus the attacker. (AP Photo/Hassene Dridi)

Rafik Chelli, secrétaire d'État chargé de la sûreté nationale a révélé que des enquêtes ont été menées sur des agents qui ont été recrutés ces deux dernières années.

"Certains d'entre eux ont été écartés", a t-il affirmé sur les ondes de la Radio Mosaïque Fm.

Le numéro deux de l'Intérieur indique par ailleurs que les agents qui n'ont pas subi les procédures habituelles de recrutement devront passer devant une commission de prévention, qui a été créée afin d'étudier leurs dossiers ainsi que celles des nouvelles recrues.

"Les personnes suspectes ou non conformes à nos critères de sélection seront écartées", confirme Rafik Chelli.

Quant à l'arrestation puis la libération en août dernier de Houssem Abdelli, l'homme qui a perpétré l'attentat contre un bus de la garde présidentielle mardi, M. Chelli a assuré que ce dernier avait été arrêté en possession de livres religieux et qu'il avait été identifié comme extrémiste, mais qu'une fois aux mains de la justice il a été libéré par manque de preuves.

"Ce sujet concerne les textes de lois" indique-t-il, affirmant que la justice n'avait pas les moyens légaux nécessaires pour l'arrêter et appelant à trouver une solution "législative et légale à ce problème".

"La Libye est un réel danger et nous devons prendre nos précautions"

Le secrétaire d'État a également assuré que tous les actes terroristes avaient été préparés et organisés en Libye dans des camps d'entraînements militaires à des endroits bien déterminés.

Le passages des jihadistes se fait à l'aide de contrebandiers qui les ramènent illégalement en Tunisie et c'est là qu'ils attendent leurs ordres, a-t-il notamment déclaré.

"La Libye est pour nous un réel danger et nous devons prendre nos précautions", a dit Rafik Chelli. "Les commandants des groupes terroristes tunisiens se trouvent en Libye. Voici notre grand problème. Et nous avons noté que dans les dernières affaires - Sousse, Bardo, etc.- tous ces éléments (leurs auteurs) sont allés en Libye et s'y sont formés", a poursuivi M. Chelli.

La décision de fermer les frontières vient en réaction à ce "danger" confirme le secrétaire d'État, qui a par ailleurs annoncé l'intention de renforcer la présence des forces de l'ordre au niveau de la frontière désertique mais aussi maritime avec la Libye.

La Tunisie a déjà entrepris la construction d'un "système d'obstacles", constitué notamment de tranchées, sur 225 km.

Parmi les autres mesures annoncée, Rafik Chelli n'a pas écarté l'idée du rétablissement d'une obligation de visa pour les Libyens qui en sont depuis longtemps exemptés, expliquant que "de nombreux passeports libyens sont détenus par Daech et des groupes terroristes".

Livrée aux milices depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye compte deux gouvernements et de nombreux groupes armés se disputant le pouvoir, une situation qui a favorisé l'émergence de l'État Islamique.

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