TUNISIE
17/03/2016 06h:12 CET

Tunisie: Le ministre de la Justice veut "réformer" la pensée extrémiste qui prolifère dans les prisons

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La Tunisie a annoncé mercredi son intention de lancer un programme pour "réformer" la pensée des personnes détenues pour terrorisme, un haut responsable affirmant que les prisons étaient "envahies" par la pensée extrémiste.

Le pays fait face depuis sa révolution en 2011 à un essor de la mouvance jihadiste, responsable de quatre attaques majeures ayant fait plusieurs dizaines de morts au cours des 12 derniers mois.

Des milliers de Tunisiens combattent à l'étranger dans les rangs d'organisations extrémistes, constituant l'une des principales menaces à la sécurité du pays selon les autorités.

"Nous allons tenter de faire entrer dans les prisons des compétences cultivées, pas nécessairement (seulement) dans les questions religieuses. Nous allons tenter de parler (aux prisonniers) et de réformer cette pensée qu'ils ont", a dit le ministre de la Justice Omar Mansour, dans un enregistrement audio diffusé par la radio privée Shems FM.

"Qui sont les terroristes au final? Ce sont des enfants de notre pays (...) qui ont pris le mauvais (chemin) et ont fait du mal à leur société. Nous sommes pour le châtiment mais c'est bien aussi si nous parvenons à réformer la mentalité", a-t-il ajouté.

Sur la même radio, le directeur général de l'administration des prisons au ministère de la Justice, Saber Khelifi, a mis en garde contre ce "nouveau phénomène: des prisonniers de droit commun qui nous arrivent avec la pensée extrémiste violente".

"Tout comme ce phénomène a envahi la société tunisienne, il a envahi les prisons tunisiennes", a-t-il insisté. "Nous avons commencé à diffuser le discours adverse. Ces gens (les prisonniers) ont un discours et nous leur répondons par un discours adverse".

D'après M. Khelifi, près de 2.000 personnes au total, entre celles condamnées pour crimes "terroristes" et celles détenues dans le cadre d'affaires similaires, sont actuellement en détention.

Le Parquet avait plus tôt indiqué à l'AFP que près de 2.000 affaires de terrorisme étaient actuellement devant la justice.

D'après des experts et des responsables de la sécurité, la surpopulation dans les prisons a conduit au placement dans les mêmes cellules de prisonniers de droit commun et de condamnés pour terrorisme.

En 2014, un rapport de l'ONU avait averti que les prisons tunisiennes étaient surpeuplées, les établissements pénitentiaires étant en moyenne à 150% de leurs capacités.

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