MAGHREB
16/12/2015 14h:21 CET

Tunisie: Plus de 22.000 plaintes déposées auprès de l'Instance Vérité Dignité

FETHI BELAID via Getty Images
Tunisian journalist and Human Rights activist Sihem Ben Sedrine (R) talks next to French outgoing eurodeputy Helene Flautre (L) during a meeting on February 3, 2011 in Tunis. European Union lawmakers met with Tunisia's interim government in post-crisis talks following the regional bloc's pledge to help the country's democratic transition. The closed-door meeting, which began at 17H00 GMT, was also expected to revive talks over Tunisia's 'advanced status' with the EU -- started last year with Ben Ali's government -- which would give Tunis preferential access to the EU market and visa facilitation.AFP PHOTO/FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)

Quelque 22.600 plaintes ont été déposées en un an auprès de l'Instance Vérité Dignité (IVD), chargée de recenser et réhabiliter les victimes des abus commis notamment sous les présidences de Bourguiba et Ben Ali en Tunisie, a annoncé mercredi sa présidente, Sihem Bensedrine.

A ce jour, 83% des dossiers ont été déposés par des hommes, contre 17% par des femmes, a ajouté lors d'une conférence de presse Mme Bensedrine, dont l'instance prévoit de recevoir un total de 30.000 dossiers environ d'ici le 15

juin 2016, nouvelle date limite de dépôt des plaintes.

Cette phase de dépôt des dossiers devait initialement s'achever en décembre, mais l'IVD a décidé de prolonger le délai de six mois "en réponse aux demandes des organisations et des réseaux de la société civile, y compris les associations des victimes, de sorte que les plaignants soient en mesure de déposer leurs dossiers", a-t-elle expliqué.

Les plaintes ont été déposées par des personnes aux diverses appartenances politiques et idéologiques (gauche, islamistes, syndicalistes notamment) et sont en lien avec divers évènements en Tunisie comme les "émeutes du pain" en 1983-1984, l'insurrection dans le bassin minier de Gafsa (centre) en 2008 et la révolution du 17 décembre 2010-14 janvier 2011.

Les régions les plus concernées sont Tunis, Kasserine et Gafsa, selon l'IVD.

Créée en 2013 par une loi sur la "justice transitionnelle", cette instance a pour mission, en cinq ans maximum, de "dévoiler la vérité sur les violations des droits de l'Homme commises entre le 1er juillet 1955 et le 31 décembre 2013", soit sous le mandat du premier président tunisien, Habib Bourguiba, son successeur Zine El Abidine Ben Ali, mais aussi sous certains des gouvernements en place après la révolution de 2011.

Disposant de très larges pouvoirs, notamment un accès total aux archives publiques, elle doit identifier les responsables des violations et faire en sorte qu'ils rendent des comptes, ainsi que réhabiliter les victimes et leur octroyer réparation.

Les crimes les plus graves dont elle peut être saisie sont notamment l'homicide volontaire, le viol, les exécutions extrajudiciaires et la torture.

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