TUNISIE
04/10/2018 09h:12 CET | Actualisé 04/10/2018 12h:15 CET

Tunisie: Nous sommes envahis par le plastique. Des alternatives pour en finir

Le plastique envahit notre quotidien. Il est partout.

Nick Brundle Photography via Getty Images

Le plastique envahit notre quotidien. Il est partout: dans nos portables, dans les vêtements que nous portons, dans l’eau que nous buvons, dans nos vaisselles, dans le sel et même nos délicieux plats de moules et crevettes n’y échappent pas.

Cette quantité de plastique que nous finissons par jeter atterrit le plus souvent au fond des océans ou en pleine nature à l’image des sachets plastiques suspendus dans les arbres. Ces plastiques finissent dans les estomacs des animaux que nous mangeons puis dans les nôtres. Un véritable cercle vicieux. 

Il est temps d’en finir, alerte le chimiste allemand, ancien membre de Greenpeace et fondateur du concept “Du berceau au berceau”, Michael Braungart, lors de l’événement Green Lecture 2 sur le plastique en Tunisie organisé par le bureau de Tunis de la fondation allemande Heinrich-Böll-Stiftung, le 2 octobre.

Pour le spécialiste allemand, il est temps d’en finir avec les discours lyriques sur la destruction de l’environnement causée par le plastique et de prôner plutôt un discours positif, orienté sur la qualité, l’innovation économique pour parler du recyclage et de nouvelles formes de consommation. C’est le centre du concept “Du berceau au berceau” qui place l’exigence écologique du zéro pollution et de la réutilisation des déchets dans le processus économique.  

 Le marché du recyclage du plastique, un nouvelle manne

En Tunisie, comme partout dans le monde, ce sont les industriels qui sont pointés du doigt concernant la pollution. Ils seront les premiers à en profiter s’ils se positionnent dans un marché où le plastique est à bannir ou à transformer, plaide Michael Braungart. 

Les industriels tunisiens commencent d’ailleurs à tâter ce terrain, explique Sami Ben Ammar, vice-président de la Chambre des transformateurs de plastique à l’UTICA. “Il y a une réelle volonté d’aller vers une économie écologique chez les jeunes entrepreneurs”, dit-il.

Le représentant de l’UTICA parle toutefois des contraintes du marché: “On est dans un petit marché qui fait face à une concurrence très rude de la part d’autres marchés beaucoup plus grands et peu soucieux de l’écologie”, explique-t-il. Et de défendre la suppression de la taxation environnement à hauteur de 5% qui pèse sur les industriels tunisiens pour les encourager à innover et arracher des marchés. 

Faical Bedhiafi, directeur du système ECO-Lef (Système public de reprise et de valorisation des emballages usagés), déplore l’absence d’un diagnostic et d’une stratégie globale concernant la gestion des déchets plastiques. Ce problème doit être étudié région par région, soutient-il. 

Le changement, pas pour tout de suite

Pour Semia Gharbi, experte en environnement, présidente de l’Association AEEFG et coordinatrice du réseau International IPEN sur la région MENA, repenser un système sans plastique prendra du temps. Elle parle de communication défaillante sur le sujet au sein des institutions concernées et envers les citoyens. 

“On est face à un réflexe conditionné du Tunisien. On a beau mettre en place des politiques, ériger une loi, il n’y aura pas d’évolution sans les changements des comportements. Il n’y qu’à voir l’émergence d’un marché parallèle des sachets plastiques après leur interdiction des supermarchés”, explique-t-elle. 

Pour elle, le changement des mentalités passera par l’éducation des enfants: “C’est le rôle de la société civile mais aussi du ministère de l’Education”.  

Semia Gharbi appelle ainsi à une mise à niveau des enseignants concernant les enjeux environnementaux actuels et l’intégration de ce volet dans l’éducation nationale. 

Les prises de position des intervenants ont donné lieu à des débats houleux d’un parterre composé de beaucoup de militants écologistes: entre ceux qui critiquent l’immobilisme de l’Etat et des industriels sur le sujet et ceux qui étalent leurs initiatives associatives s’inscrivant dans l’éthique environnementale portée par le concept “Du berceau au berceau”, signe d’une certaine prise de conscience de l’enjeu environnemental et des changements à opérer. 

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.