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15/02/2019 10h:09 CET | Actualisé 15/02/2019 10h:09 CET

Tunisie: Lotfi Zitoun donne le "LA"

Lotfi Zitoun vient bousculer ce “consensus politique” basé sur rien, si ce n’est de fausses stratégies d’alliances, de l’amateurisme politique, des menaces et des trahisons.

Getty Editorial

Lors d’une interview accordée au journal Le Monde le 18 mai 2016, Rached Ghannouchi déclarait: “Il n’y a plus de justification à l’Islam politique en Tunisie”. Ce qu’a dit le “cheikh”, ses détracteurs ne veulent pas l’entendre. Entre préjugés et analyses de comptoir, les commentateurs de la politique du premier parti tunisien, comme la plupart des journalistes, n’ont d’autres angles que la critique systématique de toute action, tout fait, tout geste venant de Montplaisir.

Une critique qui ressemble plus à une “islamophobie politique” grégaire venant d’un camp qui se prétend progressiste. Un camp résolument en panne de “progrès”, dans un pays présidé par un chef de l’Etat flirtant avec les 94 printemps, un président de l’assemblée de plus de 85 ans et dont les notions de progressisme peuvent paraître comme un mirage.

Dans un pays, le camp des “progressistes” est incarné par un chef du gouvernement et des ministres qui sont de “faux jeunes”, incapables d’inscrire le pays d’Hannibal dans ce XXIe siècle qu’ils ne semblent pas connaître... politiquement.

Car la pensée progressiste, c’est quoi au juste? La pensée progressiste doit tendre à vouloir changer son pays par la diffusion de la connaissance et de la culture. Car même si la classe politique tunisienne a une vague idée de ce qu’est le progrès, elle n’est pas encore passée au... progressisme.

Car le progressisme, ce n’est pas le présent. Au contraire, c’est “critiquer le présent”. Ce n’est pas, non plus, réclamer une avance technologique à bord d’une fusée, c’est simplement vouloir que les choses changent.

Et ce progressisme, étonnamment, on le retrouve en réalité du côté de… Montplaisir, un quartier peuplé d’irréductibles islamistes résiste encore et toujours aux fantasmes d’une partie du peuple. Ce progressisme est, toujours aussi étonnamment, représenté par Lotfi Zitoun qui peut compter sur une qualité rare en politique tunisienne, voire inexistante : le courage!

Lotfi Zitoun vient bousculer ce “consensus politique” basé sur rien, si ce n’est de fausses stratégies d’alliances, de l’amateurisme politique, des menaces et des trahisons. D’ailleurs il n’y a qu’à voir cette “transhumance politique” des députés et vous aurez une idée de leur ADN.

Ce que dit Lotfi Zitoun, on l’aime ou on ne l’aime pas. Mais encore faudrait-il ne pas l’aimer pour de vraies raisons en évitant de ressortir ce vieil argument bateau du “double langage”, qui montre bien la limite - où la mauvaise foi- de l’analyse de ceux qui n’ont trouvé rien d’autre à se mettre sous la dent. Le locataire d’Ennahdha a plusieurs fois grillé la politesse au camp des “progressistes”  en se positionnant pour les libertés, pour la jeunesse… pour son pays.

Certes, nombreux sont les observateurs de la vie politique tunisienne à être surpris ou à ne pas comprendre la finesse politique de “l’ours de Montplaisir”. Ou tout simplement sont-ils aveuglés par cette haine viscérale de “l’islamiste” qu’est Lotfi Zitoun.

Mais ce dernier est bien plus qu’un simple “islamiste”. En plus du courage, on peut souligner sa sincérité. Et puis d’ailleurs, pour quelles raisons mentirait-il? Zitoun “tape” sur tout le monde — chez ses opposants politiques et dans son propre camp —, et il a bien raison, car tout le monde mérite politiquement des coups.

Lotfi Zitoun aime son pays et personne ne peut, ni n’a le droit, de lui enlever cela. Lotfi Zitoun pousse un parti comme Ennahdha à une réflexion nouvelle et montre aux détracteurs de Montplaisir que celui-ci est un vrai parti démocratique. Et “l’ours de Montplaisir” en est le principal architecte.

Alors, entre ceux qui se contentent de l’imaginaire d’une Tunisie idéalisée et ceux qui “essentialisent des particularités”, à ceux qui se racontent des histoires ou croient en une “mytho histoire” politiquement confortable, il est préférable que la Tunisie écoute — ou à défaut entende — Lotfi Zitoun, un ovni qui est venu littéralement “péter le décor”pour le plus grand plaisir des amoureux de la politique et au grand désespoir des spécialistes du “Klem el feyre3”.Et l’Histoire lui en sera à coup sûr reconnaissante.

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