TUNISIE
02/02/2016 13h:24 CET

Tunisie: Des personnes emprisonnées pour "consommation de stupéfiants" témoignent dans une campagne de Human Rights Watch (VIDÉO)

Ils s'appellent Samia, Néjib, Ayoub... ils sont étudiants ou encore réalisateurs et ont du passer par la case "prison" pour avoir fumé des joints.

Passages à tabac, arrestations sans mandat judiciaire... des victimes de la loi 52 ont témoigné des multiples abus subis lors de leur arrestation par les policiers pour consommation de cannabis dans une vidéo publiée par l'ONG Human Rights Watch (vidéo ci-dessus).

Selon la loi 52-1992, "est puni de l'emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de mille à trois milles dinars, tout consommateur ou détenteur à usage de consommation personnelle de plantes ou de matières stupéfiantes".

Violences et méthodes dégradantes

Dans la vidéo, Ayoub explique que le comportement des policiers à son égard a changé une fois qu'ils ont su que son test de dépistage était positif.

"Ils m'ont frappé... C'était effrayant", avoue-t-il.

Chiheb Jlassi, visage tuméfié, deux cocards sous les yeux, témoigne des violences policières qu'il a subi lors de son arrestation: "Ils m'ont traité de 'zatal' (fumeur de cannabis). Je leur ai expliqué que je ne fumais pas et que j'étais prêt à passer le test pour le prouver... ils m'ont donné la raclée de ma vie".

"Tu pisses dans le tube".

Nejib Abidi raconte les méthodes dégradantes avec lesquelles ils ont du subir le test de dépistage, "on nous a demandé d'uriner dans le parking... les policiers ramènent des tubes, te tiennent par le cou, ouvrent ton pantalon et tu pisses", explique-t-il.

Jusqu'à quand?

La réforme de la loi 52 est au centre du débat. En décembre dernier, un projet de loi avait notamment proposé une gradation des peines. Plusieurs voix se sont alors élevées contre celui-ci.

Cette loi doit être "réformée par les autorités tunisiennes, par la suppression des peines de prison pour la possession et la consommation de drogues pour la première fois ou pour les récidivistes", pour la directrice de Human Rights Watch Tunisie, Amna Guellaly.

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