TUNISIE
22/03/2016 09h:28 CET

La diplomatie tunisienne réitère son opposition à une intervention militaire en Libye

FETHI BELAID/AFP
Tunisian new foreign minister Khemaies Jhinaoui takes an oath during a ceremony after the adoption of the Assembly of People's Representatives at the Carthage Palace in the capital Tunis, on January 12, 2016. / AFP / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)

LIBYE - Les pays voisins de la Libye se sont réunis mardi à Tunis pour tenter de coordonner leur stratégie envers ce pays en proie à un chaos qui a permis à des groupes extrémistes, dont l'organisation Etat islamique (EI), de s'implanter.

"La situation sécuritaire, humanitaire et économique difficile en Libye nous impose à tous davantage de coordination et de redoubler d'efforts pour trouver les moyens de mettre un terme aux souffrances du peuple libyen", a déclaré en ouverture le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemaïes Jhinaoui.

"La multiplication (...) des groupes terroristes et leur contrôle de certaines régions libyennes est une source d'inquiétude extrême, (...) un danger pour le peuple libyen et l'avenir de son processus politique et la stabilité des pays voisins", a ajouté le ministre, rappelant l'attaque sans précédent qui a visé le 7 mars des installations sécuritaires à Ben Guerdane, ville tunisienne frontalière.

M. Jhinaoui a en outre promis "soutien et aide" au conseil présidentiel libyen et renouvelé l'opposition de la Tunisie à toute intervention militaire en Libye.

L'entrée en fonctions d'un gouvernement d'union libyen a été récemment proclamée par le conseil présidentiel, un organe composé de membres de factions rivales libyennes et mis en place par un accord interlibyen négocié sous l'égide de l'ONU.

Il est supposé remplacer les deux autres gouvernements qui se disputent le pouvoir, celui basé dans la capitale Tripoli --soutenu par une coalition de milices-- et l'autre basé dans l'est, soutenu par le Parlement élu.

Mais ces autorités rivales ont rejeté tour à tour le gouvernement de Fayez al-Sarraj, dont certains membres --dont M. Sarraj lui même-- se trouvent hors de Libye.

Présent à la réunion de Tunis, l'émissaire de l'ONU pour la Libye, Martin Kobler, a exhorté les participants à soutenir le processus politique parrainé par les Nations unies.

"Le processus demeure précaire (...). Pendant ce temps les groupes terroristes continuent à tirer profit des divisions politiques et les Libyens ainsi que les peuples voisins continuent à en subir les conséquences", a-t-il déclaré.

"Daech (un acronyme arabe du groupe Etat islamique, ndlr) en Libye constitue une menace croissante et imminente", a-t-il ajouté.

"Le pays doit aller de l'avant maintenant, sinon il risque de s'exposer à la division et à l'éclatement".

Prenant la parole, M. Sarraj a appelé "tous les Libyens à oublier les différends et à placer l'intérêt de la patrie avant toute autre considération".

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