TUNISIE
02/02/2016 08h:40 CET | Actualisé 02/02/2016 08h:40 CET

Liberté économique: La Tunisie regresse encore selon un think-tank américain

La Tunisie se classe à la 114eme place sur 178 pays en matière de liberté économique selon une étude réalisée par la Fondation Heritage, Think Tank américain prônant la liberté économique.

Avec un score de 57,6 sur 100, la Tunisie a perdu 0,1 point par rapport au précédent classement au sein duquel elle était classée 107eme.

La Tunisie se classe à la 11eme place au sein de la région Moyen-Orient-Afrique du Nord, et est un des seuls pays avec le Qatar et la Jordanie à avoir connu une régression en matière de liberté économique depuis l'année dernière. Seuls l'Égypte et l'Algérie sont moins bien classés que la Tunisie au niveau régional.

"Malgré des progrès notables en matière de démocratisation, l'agitation sociale a continué. Le chômage est élevé, en particulier parmi les jeunes, et l'économie reste fragile." affirme le Think Tank

Basé sur quatre critères et un ensemble de sous critères, ce classement démontre que la Tunisie fait du surplace pendant que d'autres économies continuent d'avancer vers la libéralisation économique.

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Une législation qui tarde à prendre forme

En matière de législation économique, la Tunisie "poursuit sa difficile transition vers une démocratie stable et l'établissement de la primauté du droit. Un cadre juridique solide et des pratiques systématiques pour lutter contre la corruption ont encore à prendre forme. En fait, une majorité de citoyens disent que la corruption a augmenté au cours des trois dernières années..." affirme cette étude.

Selon la Fondation Heritage, la Tunisie obtient la note de 40 sur 100 et se classe à la 83eme place en matière de droit à la propriété faisant de la législation du pays, une législation "répressive" selon l'index.

En matière de lutte contre la corruption, la Tunisie obtient aussi un mauvais score de 40 sur 100 et se classe à la 81eme place en la matière derrière le Bhoutan, les Barbades ou encore le Bahrein.

Un gouvernement en ressources limitées

"Le taux de l'impôt sur le revenu des personnes physiques est de 35%, et le taux d'imposition des sociétés est de 30%. Les autres impôts comprennent une taxe sur la valeur ajoutée et une taxe de transfert de propriété. Le fardeau fiscal global est égal à 21,7% du revenu intérieur total. Les dépenses publiques ont diminué de 29,8% du PIB. Toutefois, le solde budgétaire continue d'être négatif, et la dette publique équivaut à plus de 45% du PIB." affirme la Fondation Heritage.

Avec un score de 73,4 sur 100, les dépenses gouvernementales par rapport au PIB sont faramineuses.

En matière de liberté fiscale, la Tunisie a perdu 0,3 points par rapport à 2015 mais obtient tout de même le score de 74 sur 100.

Une réglementation efficace?

"Le cadre réglementaire manque encore de transparence et d'efficacité malgré des améliorations marginales. Le marché du travail rigide a favorisé la stagnation et échoué à faciliter la création d'emplois pourtant nécessaire." affirme le rapport.

Là où la Tunisie a perdu le plus, c'est en matière du marché du travail selon la Fondation Heritage avec un recul de 5,1% par rapport à 2015. Avec un score de 64 sur 100 en la matière , c'est surtout la rigidité du marché du travail qui est pointé du doigt par l'index.

Concernant les autres critères à savoir la liberté d'entreprendre, la liberté monétaire, la liberté du commerce et la liberté d'investir, la Tunisie stagne depuis 2011.

Selon la Fondation Heritage, Hong Kong, Singapour et la Nouvelle-Zélande sont les pays les plus libres économiquement. Le Venezuela, Cuba et la Corée du Nord ferment quant à eux la marche du classement.

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