TUNISIE
16/10/2019 11h:23 CET

Tunisie: Les favoris et les outsiders pour le poste de chef du gouvernement

Une chose est quasi-certaine, le prochain chef du gouvernement sera issu d'Ennahdha

CJ_Romas via Getty Images

Les négociations pour la formation du prochain gouvernement vont bon train. Si Ennahdha a déjà obtenu le soutien d’Al Karama et de certains députés indépendants, celle-ci poursuit ses négociations avec le Courant Démocrate (Attayar).

Selon Business News, des négociations ont même lieu avec Tahya Tounes qui devrait obtenir quelques postes au futur gouvernement en plus de celui de ministre des Affaires étrangères qui devrait revenir à l’actuel chef du gouvernement Youssef Chahed, en contrepartie d’un vote de confiance du bloc parlementaire du parti au futur gouvernement.

Présidence du gouvernement: Un match à trois?

Une chose est certaine: Ennahdha tient à nommer un de ses dirigeants à la tête du gouvernement et a refusé -pour l’instant- les appels d’Attayar à nommer un technocrate. Le parti a également refusé la proposition du Mouvement du peuple qui a conditionné son soutien par la nomination de Safi Saïd à la tête du gouvernement. 

“C’est des propos en l’air lancés par un élu du Mouvement du peuple. Ils ne nous ont jamais proposé le nom de Safi Saïd” assure un membre du Conseil de la choura d’Ennahdha au HuffPost Tunisie.

Le prochain locataire de la Kasbah sera un des trois noms suivants assure notre interlocuteur.

Les favoris

Les trois favoris seraient: Le président du parti Rached Ghannouchi, le président du Conseil de la Choura Abdelkrim Harouni, l’actuel ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale Zied Laadhari.

NurPhoto via Getty Images

 

S’il était pressenti au perchoir à l’Assemblée des représentants du peuple, la perspective de voir Rached Ghannouchi à la Kasbah existe: “Ce n’est pas une décision à prendre à la légère. Nous voulons gouverner et assumer nos responsabilités. Il faudra donc faire les bons choix” explique le membre du Conseil de la Choura avant de poursuivre ″Personnellement, je le vois la présidence de l’ARP qui serait plus sécurisé pour lui que la Kasbah où il sera une cible facile”.

Huffpost MG
Abdelkarim Harouni -Ennahdha

Idem pour Abdelkrim Harouni: “Il est à la tête du Conseil de la Choura, il sera le candidat naturel à la présidence du parti lors du prochain congrès. Est-ce raisonnable de prendre un tel risque et de risquer de se mettre en danger alors qu’il va récupérer ce poste auquel il a toujours aspiré? Je ne pense sincèrement pas”.

“Que ce soit Ghannouchi ou Harouni, ils auraient plus à perdre qu’à gagner. Je n’y crois pas” assure notre interlocuteur.

Anadolu Agency via Getty Images

Reste alors Zied Laadhari qui est selon le membre du conseil de la choura, le choix plus “cohérent”: “C’est la continuité de Chahed: Il est jeune, bosseur, il connait les rouages de l’administration. Il a été constituant puis député, puis trois fois ministre. Il a la légitimité, le potentiel et l’appui du parti pour être le futur chef du gouvernement”.

Les outsiders

Interrogé sur la possibilité de voir un autre nom être à la tête du gouvernement, le membre du conseil de la Choura est catégorique: “Non. Ce sera quelqu’un d’Ennahdha. C’est ce vers quoi l’on va aujourd’hui. Demain cela peut évoluer mais au vu du temps très court que l’on a, je ne le pense pas”.

“Je ne veux pas citer de noms parce que, après, certains vont dire que nous faisons des ballons d’essai pour voir comment réagirait l’opinion publique, alors que ce ne seraient que des propositions personnelles dont nous n’avons pas encore parlé au sein du parti” poursuit-il.

Face à une liste de noms présentés par le HuffPost Tunisie, il accepte néanmoins de commenter.

Getty Editorial

Abdellatif El Mekki: “Il est en même temps outsider et parmi les favoris. Il est omniprésent et jouit un fort soutien de la part du parti. Il a l’étoffe, le caractère pour être notre prochain chef du gouvernement. Sa nomination ou non dépendra beaucoup des partis qui soutiendront la coalition gouvernementale à mon avis”.

Huffpost MG

 

Imed Hammami: “Il a le même profil que Zied Laadhari. C’est étonnant que vous le citiez parce que je pense que c’est un profil idéal pour le poste de chef du gouvernement. Dommage que son passage à la Santé se soit mal terminé. Je pense qu’il a perdu du crédit auprès de l’opinion publique qui sera difficile à rattraper”.

Huffpost MG

Lotfi Zitoun: “Dans l’absolu, rien n’est impossible mais là pour le coup, ça l’est. Ce serait créer des tensions pour rien au sein du Conseil de la Choura. C’est un enfant du parti, il a une frange qui lui est proche et partage ses idées, mais ce serait un trop gros risque pris par le parti que de propulser celui qui représente pour certains ‘un dissident’ qui pourrait ensuite faire de l’ombre”.

FETHI BELAID via Getty Images

 

Youssef Chahed: “Son parti a clairement répondu à cette question en affirmant être dans l’opposition, et je le répète il y a un consensus quasi-général pour que ce soit quelqu’un d’Ennahdha: ni Safi Said, ni Youssef Chahed, ni Khayam Turki dont j’ai entendu des rumeurs à ce sujet dans la matinée. Ils pourraient faire partie du gouvernement s’ils le souhaitent parce que ce sont des personnes compétentes, qui l’ont prouvé par le passé”.

Et pourquoi pas une femme? “Boutheina Ben Yaghlane, dans la situation actuelle du pays pourrait avoir le profil par exemple. Je ne suis pas sûr que ce soit en réalité dans son plan de carrière. Elle fait de l’excellent travail à la Caisse des dépôts et consignations. Dans la situation actuelle du pays, ce ne serait pas un cadeau”.

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