TUNISIE
12/01/2019 17h:22 CET

Tunisie: Le salaire proposé à un docteur en sciences biologiques fait polémique

L'annonce a été retirée après la vague de critiques.

FETHI BELAID via Getty Images

Le centre biologique de Borj Cedria s’est attiré les foudres de nombreux internautes depuis vendredi, lorsqu’il a lancé un appel à candidature plutôt surprenant. En effet, le centre envisage de recruter un docteur en sciences biologiques pour une durée de 10 mois, avec 495 dinars par mois, comme salaire brut. 495 dinars soit à peine plus que le SMIG

IJABA/Facebook

L’annonce a tout de suite enflammé la toile. Les internautes, choqués par une telle offre, se sont acharnés contre le centre biologique de Borj Cedria criant à l’injustice. 

Le syndicat des enseignants universitaires IJABA, a de son côté, réagi à cette polémique en exprimant, dans un post publié sur les réseaux sociaux, sa colère et son indignation face à ces conditions jugées médiocres. 

Ijaba/Facebook

“Des Institutions relevant du MES comptent embaucher à temps complet des titulaires de Doctorat pour 450 DT brut par mois. Un gardien d’immeuble toucherait plus que ça. Voilà pourquoi nous nous battons: Pour le mérite et la valeur de nos diplômes, la dignité des porteurs de nos diplômes, pour notre stature en tant que Docteurs, chercheurs et universitaires,” déplore IJABA.

Après cette vague de critiques, le centre biologique de Borj Cedria a décidé de retirer l’annonce en ajoutant “qu’elle sera republiée par la suite après la rectification de l’erreur”.  

“69% des titulaires de doctorat soit près de 3292 docteurs sont au chômage”, annonce la coordination des doctorants et docteurs de l’Université El Manar, lors d’un débat tenu, en avril 2017, à la Faculté des Sciences d’El Manar sur la réforme de la recherche scientifique.

Ce nombre, a-t-elle dit, est susceptible d’augmenter faute de perspectives d’emploi, rappelant à cet égard, les mouvements de protestation observés, récemment dans plusieurs universités tunisiennes à l’instar des universités de Bizerte, Monastir et Gabès.

Lors de ce débat, les représentants des doctorants et titulaires de doctorat ont été unanimes à souligner que le doctorat est devenu aujourd’hui une “malédiction” en Tunisie, en raison de plusieurs obstacles liés notamment à une mauvaise gouvernance et à l’absence d’une réelle volonté politique pour résoudre le problème de chômage.

Selon eux, cette “dure réalité” a entraîné la dégradation de la recherche scientifique et l’enseignement universitaire, le manque de rayonnement international de l’université tunisienne et l’augmentation du taux de chômage chez les titulaires de doctorat, outre la fuite des cerveaux.

D’après IJABA, plus de  4 mille enseignants universitaires ont émigré à l’étranger et 80% d’eux comptent aussi quitter le pays, selon les statistiques de l’institut tunisien des études stratégiques.

 

Le secrétariat d’Etat chargé de la migration et des Tunisiens à l’étranger classe les universitaires et les chercheurs au premier rang des compétences tunisiennes qui partent à l’étranger, avec un taux de 24% sur un total de 80% des compétences tunisiennes émigrantes.

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