TUNISIE
07/10/2019 21h:27 CET

Tunisie: Le peuple a fait son choix

En Tunisie, on ne badine ni avec la religion et le sacré ni avec le choix émotionnel.

SOPA Images via Getty Images

Le peuple a fait son choix. Et ce n’est pas pour l’argent comme on le dit.
3ich tounsi en avait et ne s’est pas ménagé pour le déployer dans sa campagne en ressources humaines et moyens et pourtant il ne l’a pas emporté.

Ennahdha est au premier rang pourtant il n’a pas vaincu. C’est comme un premier d’une classe nulle et ratée. C’est un échec cuisant pour lui et ses adeptes. Même l’argent n’a pas pu faire l’affaire. Le peuple a dit son mot. Il s’est retiré dans sa moitié. Il lui a définitivement retiré le chèque de garantie du sacré et du parti de Dieu qu’il lui a alloué en 2011 et même après.

Nidaa est mort vaincu et effrité par ses cassures et ses divorces. Le peuple n’a pas pu lui pardonner son désenchantement et ses déceptions multiples. Il a puni le fils de Béji et tous les autres. Quelques affreux restes tatouent affreusement Tahya Tounes comme une poche résiduelle pour des enfants ingrats qui se sont dressés contre le parti mais qui ont pu subtiliser quelques députations en connivence avec Ennahdha.

Un autre parti, le PDL s’est assuré une place au soleil. Le système de l’ancien régime n’a pas lâché prise. Une partie du peuple a réclamé les anciens. Ils le pensent salutaire. Leur présidente a fait ses preuves. La “lionne” du tunisien pour contrer Ennahdha.

Une grappe d’illuminés et de radicaux ont refait saillie. C’est le plus lugubre de tous les cas de figure. Ils s’allieront aux plus dangereux pour kidnapper les acquis du pays. Le mariage orfi et le viol des enfants dans les écoles coraniques à la bacha bazi refleuriront. L’impunité sera de mise avec une immunité- députation.

Les partis de la gauche ont complètement disparu. Triste constat pour mon pays.Nous sommes tous complices, dirigeants et peuple, parce que nous avons rendu notre pays orphelin d’un enfant légitime et indispensable pour l’essor d’un pays et ses libertés.

Quelques miettes sont restées pour les autres dont mon parti. Epsilon serait le résidu et c’est aussi une déception qui reflète encore une fois le manque de moyens et du degré de la colère d’un peuple qui n’a ménagé dans son choix aucun parti.

Il a dit son mot. Il a choisi celui qui a eu pendant quatre ans des pensées pour lui. Il n’est pas dupe ni cupide comme on veut le titrer.

Ni les pâtes distribuées ni les feuilletons de sa télé n’ont fait uniquement de lui l’enfant roi. Seules les injustices subies et le harcèlement du gouvernement actuel sur le président du parti gagnant ont décidé le peuple à le propulser en haut du podium: de la présidence et du parlement.

Telle est ma conviction. Je l’ai lue et vue dans les yeux et les coeurs de ce peuple pas si naïf que cela en tournant dans les rues de ses quartiers de la capitale, dévastée par les rues crevassées, la puanteur des eaux usées, la pauvreté et une infrastructure bien en dessous de la dignité.

Bon choix ou mauvais choix, on ne peut rien changer à la décision du peuple quand tout manque, de l’éducation jusqu’à la subsistance.

Le côté conservateur purement radical a refait surface.

En Tunisie, on ne badine ni avec la religion et le sacré ni avec le choix émotionnel.

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