ALGÉRIE
16/09/2019 13h:23 CET

Tunisie: Kais Saïed projette de visiter l’Algérie, une fois élu Président

Le candidat indépendant à la présidentielle Kais Saied pose devant le drapeau tunisien, le 15 septembre 2019 à Tunis|MOHAMED KHALIL
Le candidat indépendant à la présidentielle Kais Saied pose devant le drapeau tunisien, le 15 septembre 2019 à Tunis

“Sans aucune hésitation, ma première visite à un pays étranger après mon élection sera l’Algérie”, a déclaré Kais Saïed, candidat arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle en Tunisie, organisé dimanche 15 septembre 2019.

Cette déclaration a été faite, le lundi 9 septembre, lors du débat télévisé avec d’autres candidats diffusé par la télévision et les radios privées. “Nous ne pouvons pas changer la géographie, mais nous pouvons changer l’Histoire. Nous devons chercher de nouvelles méthodes pour la coopération, l’union, l’ouverture des frontières. Nous devons rompre avec les anciennes approches de l’Etat fédéral ou de la confédération. Nous devons construire de nouvelles relations avec l’Algérie, le Maroc, la Libye et la Mauritanie. C’est notre espace géographique. Construisons une nouvelle Histoire différente de celle que nous avons vécue. Le Maghreb arabe doit être concrétisé réellement sur le terrain. Nous devons imaginer de nouveaux moyens et de nouvelles formes pour y arriver”, a-t-il plaidé. Il considère tout rapprochement des pays arabes avec Israël comme “une grande trahison” “La ligue arabe est prémunie de la mort, reste en vie mais ne peut pas progresser. Elle aurait pu être la ligne de la Nation arabe, pas des Etats arabes. Ses décisions et initiatives ne sont jamais mises en application. Nous devons chercher d’autres voies”, a-t-il dit.

Pour lui, la diplomatie de la Tunisie doit être globale. “La diplomatie ne sera forte que si l’Etat est fort à l’intérieur en s’appuyant sur la volonté populaire qui donne la légitimité. En Tunisie, nous voulons un respect pour la volonté de notre peuple et refusons la sympathie sans respect”, a-t-il souligné. Kais Saïed a promis de revoir les accords et conventions bilatéraux signés avec d’autres pays. “Comme pour les fleurs, leur durée de vie est limitée”, a-t-il résumé.

Élargir le concept de “sécurité nationale”

 Favorable à la condamnation à mort dans les affaires de terrorisme, Kais Saïed  a proposé un projet de loi pour la prise en charge matérielle des familles des militaires et des policiers blessés ou morts lors d’opérations anti terroristes ces dernières années. “J’ai proposé la création d’une Fondation publique qui aura pour nom Wafa (fidélité) qui prendra en charge les familles de ces martyrs et gardera le salaire des victimes comme si elles étaient toujours en vie(…) nous devons nous intéresser aux douaniers qui fournissent beaucoup d’efforts pour sauvegarder la sécurité nationale”, a-t-il suggéré.

Pour lui, le concept de sécurité nationale doit être élargi à tous les aspects de la souveraineté (justice, défense, éducation, agriculture, ressources hydriques, etc). “Notre sécurité est un tout indivisible”, a-t-il noté. Pour lui, la société tunisienne est l’une des plus harmonieuses au monde. “Donc, il n’y a pas lieu de provoquer le débat sur la question des religions ou des cultures. Il est exagéré de parler de différends entre religions. Nous sommes dans un Etat de droit et d’institutions. Nous voulons passer au stade de la société de droit. Il faut éviter tout ce qui pousse à la division”, a-t-il plaidé dans le même débat télévisé. Interrogé sur ses priorités en tant que président élu, Kais Saïed a répondu en disant qu’il n’allait pas “vendre des mirages” aux tunisiens. “Le peuple sait ce qu’il veut, donnons-lui les instruments juridiques pour réaliser sa volonté. Il faut ouvrir grande la voie devant les jeunes tunisiens. La décision doit être prise localement avant de passer au centre ”, a-t-il proposé en dénonçant l’Etat jacobin.

Kais Saïed, 61 ans,  est un enseignant universitaire, spécialisé en droit international public et en droit constitutionnel, connu pour sa manière monocorde de parler et pour sa parfaite maîtrise de la langue arabe. Il s’est présenté à l’élection présidentielle en tant que candidat indépendant en s’appuyant sur le soutien des jeunes et des étudiants qui l’ont aidé à mieux s’introduire dans les réseaux sociaux.